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Quelques principes d'art bouddhique...

La représentation du Buddha
Comment représenter l'irreprésentable ?

L'art bouddhique, comme tout autre art religieux et sacré, a été confronté au problème de la représentation de ses symboles et, au premier chef, de « celui » qui incarnait la réalisation la plus haute de son Enseignement, le Buddha lui-même. Bien que les bouddhistes n'aient pas connu d'interdiction particulière concernant la représentation « personnelle » du Buddha (comme le judaïsme ou l'islam refusent la représentation de Dieu), ils se sont trouvés confronté à un problème tout à fait difficile à résoudre : comment figurer, sous forme « humaine », celui qui, par sa réalisation spirituelle, dépasse toute catégorie humaine ?
Il faudra attendre plusieurs siècles avant que la question ne soit finalement résolue, avec le développement du Mahâyâna et de deux écoles de sculpture apparues à la même époque, au Gandhara et à Mathurâ. Les principes de représentation du Buddha développés alors resteront à jamais ceux de toutes les écoles ultérieures, quelles que soient les époques ou les lieux, donnant ainsi à l'art bouddhique des bases communes encore aujourd'hui préservées et appliquées, qui lui assurent une unité de style tout à fait remarquable. Nous vous proposons d'en découvrir les grands principes...
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Reconnaître les gestes symboliques
Les mudrā

Lorsqu’on décida de représenter le Bouddha Gautama Śākyamuni sous forme humaine, au début de l’ère chrétienne, on associa des gestes symboliques aux principaux épisodes de sa vie. De cette manière, malgré l’uniformité apparente des représentations, on pouvait clairement identifier l’événement qui était ainsi évoqué. Certaines de ces mudrā sont bien connues, comme la mudrā de « la prise de la terre à témoin » ou celle de la méditation, qui symbolisent les différents épisodes de la nuit de l’Éveil, la mise en mouvement de la « Roue de la Loi », associée au premier enseignement du Bouddha à Sārnāth, ou encore la mudrā de « l’absence de crainte » ainsi que celle du don.
Par la suite, de très nombreux autres gestes viendront s’ajouter à l’iconographie bouddhique portant à plus de cinquante ceux que l’on peut observer dans les différentes figures du panthéon, et jusqu’à cent-huit pour les gestes spécifiques aux rituels tantriques : par exemple les gestes de « menace », associés aux divinités « courroucées », ou le « poing de sagesse », caractéristique de certaines formes du buddha « primordial » Mahāvairocana.
De nos jours, les mudrā rituelles, associées aux attitudes, aux sièges, aux couleurs et aux signes corporels, permettent d’identifier les différents buddha, bodhisattva et grands personnages du panthéon bouddhique.
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Du stūpa indien à la pagode d'Extrême-orient
Evolutions d'un monument emblématique du bouddhisme et du Buddha

Le stûpa représente le type, remontant à des temps préhistoriques, du tombeau à tumulus, sous la forme monumentale de la sépulture princière avec un grand tertre hémisphérique. Ce monument funéraire s’est développé assez tôt en un monument commémoratif et fut adopté par le bouddhisme comme l’un de ses symboles principaux et comme centre d’édifices sacrés. Le stûpa étant premièrement un édifice funéraire et un monument reliquaire, il devait toujours jouer un rôle central, précisément, comme symbole du nirvâna, de la définitive délivrance. L’union intime du monument avec la personne sainte du Bouddha - de chaque Bouddha - et des reliques qui la représente subsista en principe jusqu’à nos jours ; et depuis que le pieux promoteur du bouddhisme, le souverain indien Ashoka, aurait fait ériger 84.000 stûpa - 84 est un chiffre symbolique - sur les reliques de Shâkyamuni disséminées à travers son empire, un tel monument constitue partout en Asie un élément fondamental presque indispensable de chaque monastère ou temple, que ce soit sous l’ancienne forme du stûpa indien et de ses variantes ou sous la forme extrême-orientale de la pagode.
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Reconnaître les postures
Les āsana et autres postures

Après vous avoir présenté la manière de « reconnaître les gestes symboliques », nous vous proposons aujourd’hui de « reconnaître les postures » des personnages et déités bouddhiques. Cette reconnaissance est complexe : si les plus anciens mudrā (« gestes symboliques ») correspondent souvent à un événement précis, la posture seule ne permet pas de reconnaître une scène, un événement ou un personnage ; elle participe, au même titre que le reste du corps, à une expression globale qui, elle, permettra l’identification recherchée.
Nombre d’attitudes et de postures puisent leurs plus anciennes sources dans les traités de yoga et de danse de l’Inde ancienne ; la posture de méditation, posture la plus habituelle pour représenter le Buddha historique, est même représentée sur des sceaux de la civilisation de l’Indus, il y a quatre mille ans.
On a coutume de distinguer les attitudes (1) assises, (2) agenouillées et à demi levées, (3)  debout, (4) couchées, (5) volantes et (6) conjointes ; nous présentons ci-après les principales attitudes adoptées dans l’iconographie bouddhique, toute analyse exhaustive étant impossible, car, lorsque l’on rentre dans le détail des représentations, le nombre de postures est illimité !...
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