Inde

bhadanta-galgedar-pragyanand_ctimesofindia.com_.pngDisparition d’un témoin historique

Le dernier des bhikkhu, ayant dirigé la prise de refuge d’Ambedkar, meurt à l’âge de 88 ans

Le 30 novembre dernier, dans la ville indienne de Lucknow, a disparu le dernier témoin vivant d’un événement tout à fait exceptionnel de l’histoire du bouddhisme contemporain. Bhadanta Galgedar Pragyanand était le plus jeune des bhikkhu qui avaient dirigé, dans la ville indienne de Nagpur, le 14 octobre 1956, la cérémonie publique de prise de refuge bouddhiste du réformateur indien, le Docteur Bhimrao Ramji Ambedkar.
Originaire du Sri Lanka, né le 18 décembre 1928, le Vénérable Bhadanta est arrivé en Inde à l'âge de 13 ans et était actuellement le bhikkhu le plus ancien de Buddh Vihar, un temple de Lucknow dans lequel le Dr Ambedkar s’était rendu par deux fois, en 1948 et en 1951. Le Vénérable Bhadanta n'avait que 20 ans quand ils se sont rencontrés la première fois.

« Guruji parlait peu, mais parler d'Ambedkar le dynamisait toujours », racontent ses disciples. « Il nous parlait de la cérémonie à Nagpur… ». « L'atmosphère était euphorique », se rappelait le Vénérable.
Cette « conversion » - geste politique autant que spirituel - a entraîné par la suite celle de quelques 500.000 de ses partisans. Il s’agissait pour eux de protester contre la discrimination sociale et religieuse imposée à la population des Dalits (« les opprimés », en sanskrit), dont Ambedkar faisait partie, appelés aussi « Intouchables » par les hindouistes.

ambedkar_dr_bhimrao_ramji.jpgLe Dr. Ambedkar était un juriste, un économiste et un politicien indien, un érudit prolifique et un réformateur social. Il était l'un des Indiens les plus éduqués de son temps, titulaire de doctorats de l'Université de Londres et de l'Université Columbia. Il est devenu le premier ministre de l'Inde indépendante et a reçu à titre posthume le « Bharat Ratna », le prix civil le plus élevé de l'Inde.
En plus d'inspirer le mouvement bouddhiste moderne en Inde, le Dr Ambedkar a fait campagne contre la discrimination sociale envers les femmes et il fut l'architecte principal de la première constitution de l'Inde. En 1955, il fonda la Société bouddhiste de l'Inde et, trois jours avant sa mort, le 6 décembre 1956, il mettait la dernière main à son ultime ouvrage, « Le Bouddha et son Dhamma », un traité sur le bouddhisme et la vie de Bouddha, en langue anglaise, qui a été publié à titre posthume.

Selon les données du recensement de 2011, la population de l’Inde dépasse 1,3 milliard d'habitants, dont les bouddhistes représentent environ 0,7%, dont plus de 73% vivent dans l'État du Maharashtra, dans l'ouest du pays.

Source : Buddhistdoor, article de Craig Lewis (2017-12-04)