Les "Dossiers de l'UBE" récents

Buddha, Dhamma, Saṅgha
Publié le: Lundi, 8 Septembre, 2014 - 11:12

Prendre refuge
dans les trois Joyaux

Triratna_Sanci.jpgEn ce début d'année universitaire, moment des "bonnes résolutions", il nous a semblé opportun de rappeler la signification de la "Prise de Refuge" dans les Trois Joyaux que sont l’Eveillé (le Buddha), son enseignement (le Dhamma) et la communauté de ses "nobles" disciples (l'ariya-saṅgha). Pour ce faire, nous vous proposons un enseignement d'Ayya Khema...
Ayya Khema est une très grande dame qui a laissé une empreinte mémorable dans la tradition du Theravāda... et bien au-delà ! Née à Berlin en 1923, de parents juifs, elle a connu une existence particulièrement mouvementée avant de découvrir le bouddhisme, dans les années 60, auquel elle consacra le reste de sa vie, jusqu'à sa mort en 1997.
Ordonnée nonne au Sri-Lanka, en 1979, elle devint une figure incontournable du développement de la pratique de la méditation dans la tradition du Theravāda, particulièrement pour les femmes : on lui doit, notamment, la fondation de "l’Ile des nonnes" de Parappuduwa, à Ceylan, et la création de l'association "Sakyadhita", organisation mondiale des femmes bouddhistes.
Enseignante réputée, elle parcourut le monde pour transmettre sa pratique de vipassanā et des jhāna. Son style, simple et pratique, nous a été transmis par de nombreux ouvrages, en allemand et en anglais, dont un seul a été traduit en français à ce jour : "Être une île".

(au sommet du portail nord du grand stūpa de Sāñcī, un trident, surmontant une fleur de lotus épanouie, symbolise les trois Joyaux)

Liturgies, icônes et saints personnages...
Publié le: Mercredi, 2 Juillet, 2014 - 18:07

Rituels et cultes dans le bouddhisme

Coree-puja_http_cn.koreanbuddhism.net.jpgPlus souvent considéré comme une philosophie que comme une religion, le bouddhisme attire nombre d'Occidentaux davantage par ses discours théoriques et ses pratiques de la "méditation" que par ses rituels, la liturgie ou les cultes rendus aux Buddhas ou aux très nombreux dieux et déités de son panthéon ...
En Asie, cependant, ces aspects ont depuis toujours été parfaitement intégrés à la pratique de l'enseignement du Buddha. Le Maître lui-même, d'après la tradition, ne discutait-il pas avec les dieux et les génies, auxquels il transmettait son enseignement, tout comme avec les hommes et les femmes ? Si, en revanche, il ne considèrait pas le rituel comme un élément favorable à la Libération, la Tradition bouddhique a toujours souhaité rendre hommage au Maître, à son Enseignement et à la Communauté de ses disciples, non seulement par la formulation verbale de la "prise de refuge" dans les Trois Joyaux, mais aussi par des rites et des rituels spécifiques.
Et ces derniers, au fil des siècles, se sont multipliés et diversifiés, d'autant plus qu'en l'absence "vivante" des personnes concernées, les statues permettaient d'en démultiplier la présence symbolique et d'en rendre le culte d'autant plus reproductible. Ce culte rendu aux icônes du Buddha et à toute image le représentant - reliques corporelles, objets lui ayant appartenu, textes reproduisant son enseignement... -, comme aussi à la représentation de "saints personnages" ou de déités, est donc devenu un aspect important, sinon même essentiel, de la pratique quotidienne de nombreux bouddhistes !
Pour découvrir ces pratiques, nous vous proposons de lire quelques extraits d'un ouvrage de Bernard Faure, consacrés à ces sujets.

Méditation et langage
Publié le: Lundi, 2 Juin, 2014 - 15:32

Ni en mots ni en silence !...
Comment parler, la bouche close ?

Wumen-Huikai_La-passe-sans-porte.jpgLe Zen (en chinois, le Chan) est une école bouddhique célèbre pour les "propos" de ses maîtres, souvent paradoxaux, apparemment illogiques, toujours déconcertants... Ces "kōan" se présentent généralement sous la forme d'anecdotes ou de dialogues édifiants, entre maître et disciple, et ont fait l'objet de nombreuses compilations car ils ont servi et servent, encore aujourd'hui, de "support de méditation" aux candidats à l'Éveil. L'un des plus célèbres de ces recueils est sans conteste "La passe sans porte", du maître chinois Wumen Huikai (1183-1260) (en japonais, Mumen Ekai), dont Catherine Despeux vient de publier une toute nouvelle traduction, assortie de commentaires bienvenus !
La gageure d'une telle entreprise réside dans le fait qu'un kōan, bien qu'il s'exprime le plus souvent à travers le langage, ne doit pas être "résolu" au moyen de l'intellect mais en y engageant tout son être. Si le disciple répond parfois à son maître, lui aussi, en utilisant le langage, c'est pourtant bien au-delà des mots que la réponse sera considérée comme "juste" et attestera de sa réalisation. Aussi toute "explication" d'un kōan se révèle-t-elle "risquée" ! La tâche du commentateur consiste donc avant tout à nous donner des pistes de compréhension, plutôt qu'à nous donner une réponse logique - ce à quoi Catherine Despeux s'est attachée.
Nous vous proposons de découvrir plusieurs extraits de l'Introduction de cet ouvrage et quelques-uns des kōan de "La Passe sans porte" - notamment, l'un de ceux qui furent à l'origine, en Occident, de l'emploi du mot de "méditation" pour désigner cet "exercice" si particulier du bouddhisme Zen ; une histoire peu connue, mais savoureuse... comme un kōan !

La puissance morale des enseignements du Buddha
Publié le: Mardi, 29 Avril, 2014 - 16:24

Que faire...
et pourquoi le faire ?

Maitreya-penseur_Coree_VIes.jpgDans un essai publié en mars dernier, Éric Rommeluère se propose, à travers trois "méditations sur le bouddhisme et la morale", de "déployer, pour nous autres modernes, la puissance morale des enseignements du Bouddha.
Car, inlassablement, ils répondent à cette double question : Que faire et pourquoi le faire ?".
Cette "puissance morale" est ici explorée, non pas en invoquant les textes canoniques de la tradition Theravâda, comme c’est souvent le cas, mais en s'appuyant sur les Écritures, trop peu connues et encore trop peu appréciées, des traditions bouddhistes du « Grand Véhicule » (mahâyâna), dont la lecture, intrigante, parfois dérangeante, défait toute possibilité de rapprochements trop hâtifs avec nos conceptions occidentales...
L’essai est divisé en trois parties aux tonalités différentes.
La première méditation, « La possibilité d’un monde », esquisse la singularité de ces livres canoniques et comment ils recourent à des procédés comme la parabole, la fable et la métaphore afin de libérer un agir neuf, créatif et imaginatif. La seconde méditation, « Un agir infini », sonde la portée du couple formé par le samsâra, le cycle des vies et des morts, et le karma, l’action. Leur association compose la matrice narrative de tous les enseignements bouddhistes. Elle donne à penser la morale. La troisième méditation enfin, « L’exigence morale », témoigne de l’immense "souci du monde" qui ébranle les disciples du Bouddha... et donne son titre à l'ensemble de l'ouvrage.

Nous aurons le plaisir d'accueillir d'Eric Rommeluère lors de notre Soirée "Rencontre et découverte" du mardi 13 mai prochain et, en attendant, nous vous proposons de découvrir quelques extraits choisis de la troisième de ces méditations.

Semaine de la femme
Publié le: Vendredi, 14 Mars, 2014 - 09:12

La femme et le féminin
dans le bouddhisme

Mae-Chee-Sansanee.jpgLa deuxième semaine du mois de mars est désormais marquée par la célébration de la Journée internationale de la Femme... Une occasion rêvée pour évoquer la femme et le féminin dans le bouddhisme - thème auquel l'IEB consacre cette année un cycle de cours qui a débuté le 1er mars dernier.
Thème complexe, sujet à polémiques - notamment en ce qui concerne la possibilité de recevoir la "prise des préceptes au complet" (ou "ordination plénière") de bhikkhuni. Mais le thème de la femme dans le bouddhisme ne se résume pas à cette seule question !  Les textes canoniques anciens - plus ou moins favorables à la femme... - et les évolutions dues au Mahâyâna et au Vajrayâna - où la femme devient le symbole de la Sagesse - montrent que le bouddhisme n'a jamais eu de discours univoque à ce propos !
Pour ouvrir quelques pistes de réflexion - sans prétendre pouvoir ni épuiser, ni même faire un tour complet du sujet... -, nous vous proposons de lire un article que Dominique Trotignon a consacré à ce thème, il y a quelques années.

Reconnaître les postures
Publié le: Lundi, 3 février, 2014 - 14:03

Les āsana
et autres postures

asana-15_Vajrapani_pala_indian-museum.jpgAprès vous avoir présenté la manière de « reconnaître les gestes symboliques », nous vous proposons aujourd’hui de « reconnaître les postures » des personnages et déités bouddhiques.
Cette reconnaissance est complexe : si les plus anciens mudrā (« gestes symboliques ») correspondent souvent à un événement précis, la posture seule ne permet pas de reconnaître une scène, un événement ou un personnage ; elle participe, au même titre que le reste du corps, à une expression globale qui, elle, permettra l’identification recherchée.
Nombre d’attitudes et de postures puisent leurs plus anciennes sources dans les traités de yoga et de danse de l’Inde ancienne ; la posture de méditation, posture la plus habituelle pour représenter le Buddha historique, est même représentée sur des sceaux de la civilisation de l’Indus, il y a quatre mille ans.
On a coutume de distinguer les attitudes (1) assises, (2) agenouillées et à demi levées, (3)  debout, (4) couchées, (5) volantes et (6) conjointes ; nous présentons ci-après les principales attitudes adoptées dans l’iconographie bouddhique, toute analyse exhaustive étant impossible, car, lorsque l’on rentre dans le détail des représentations, le nombre de postures est illimité !...

Grand site bouddhique
Publié le: Jeudi, 5 Décembre, 2013 - 11:39

Lumbini :
lieu de naissance du Buddha

Lumbini_vue-aerienne-site-archeologique.jpgDes fouilles archéologiques menées en 1896, près du village népalais de Rummindei, ont permis de retrouver le site historique de Lumbini, traditionnellement considéré comme le lieu de naissance du Buddha Gautama. Inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco en 1997, Lumbini est naturellement devenu un pôle de pèlerinage important et de nombreux aménagements y ont été accomplis depuis quelques décennies : des temples modernes, de diverses traditions bouddhiques, s'y multiplient depuis pour accueillir les pèlerins, tandis que les fouilles se poursuivent...
Fin novembre 2013, une équipe internationale d'archéologues a découvert les fondations d'un temple qu'on a pu dater du VIe s. avant notre ère, et l'on s'est aussitôt empressé de remettre en cause la datation désormais admise de la vie du Buddha !
Pourtant, rien n'atteste avec certitude que ce lieu ait bien été celui de la naissance du Buddha...

Pour lever les malentendus...
Publié le: Jeudi, 3 Octobre, 2013 - 16:14

Douze questions
pour comprendre la voie du Bouddha

bouddha-TV.jpgPhilippe Cornu, président de l'IEB, vient de publier en septembre, aux éditions du Seuil, un ouvrage intitulé "Le bouddhisme : une philosophie du bonheur ?". L'intérêt de l'ouvrage est, bien évidemment, dans l'explication du point d'interrogation final... A travers douze questions récurrentes (Le bouddhisme est-il une philosophie ? Qu'est-ce que le karman ? La méditation est-elle la pratique bouddhique par excellence ?, etc.), l'auteur entend tordre le coup aux a priori et autres idées préconçues qui, depuis plusieurs décennies, aboutissent le plus souvent à une instrumentalisation du bouddhisme - à la manière de ce qui se produisit pour le yoga hindou souvent "réduit", en Occident, à une simple gymnastique relaxante ! Le bouddhisme, enseignement spirituel, n'est-il pas en train de connaître le même sort lorsqu'il est proposé comme outil de développement personnel ? C'est à cette question, notamment, que tente de répondre Philippe Cornu dans son chapitre 7, que nous vous proposons de découvrir... Mais on attirera aussi l'attention du futur lecteur sur le chapitre final "Comment suivre la voie bouddhique ?". L'auteur y invite à redécouvrir ce qu'est un "cheminement spirituel", c'est-à-dire une oeuvre de longue haleine, qu'on pourrait juger peu adaptée à notre rythme de vie contemporain et à ses exigences de satisfaction immédiate !

Conseils de pratique
Publié le: Vendredi, 16 Août, 2013 - 10:15

La générosité, d'abord...

buddhist-statues-praising-tian-tan-buddha-16083.jpgSi la plupart des Occidentaux viennent à la pratique du bouddhisme par celle de la méditation, la plus grande majorité des asiatiques, eux, y viennent par la pratique de la générosité et du don !
Cette pratique du don, dit « méritoire », est généralement assez mal considérée en Occident, où elle est assimilée à une sorte de calcul pour obtenir seulement une meilleure renaissance — à laquelle peu d'Occidentaux croient ! Pourtant, dans toutes les traditions bouddhiques, la générosité est présentée comme la première vertu à accomplir — dāna-pāramitā —, notamment pour les bodhisattva, et la pierre angulaire de toute autre pratique, y compris celle, justement, de la méditation...
Pour illustrer — et vous faire découvrir — cette articulation essentielle entre don et méditation, nous vous proposons la lecture d'un enseignement de Thanissaro bhikkhu (Geoffrey DeGraff), un Américain engagé dans la tradition de forêt du bouddhisme de Thaïlande, bien connu des internautes pour ses traductions de sutta accessibles sur le site Internet Acces to Insight.
Dans cet enseignement, Thanissaro bhikkhu évoque les avantages de la pratique du don et des préceptes comme la première « expérience qu’il existe dans le monde des formes de bonheur qui sont contre-intuitives » ou « à contre-courant » — selon l'expression habituelle des textes bouddhiques.
Il s'agit de développer dans l'esprit l'idée que « le véritable bonheur ne passe pas par une dichotomie affirmée entre son propre bien-être et le bien-être des autres ». Ainsi, la méditation ne peut-elle plus être une pratique « égoïste », centrée sur soi et son propre intérêt, mais au contraire une pratique généreuse, un espace ouvert et accueillant, l'opposé du « monde de peur que vous créez lorsque vous n’êtes pas généreux, un monde très étouffant, parce qu’il y manque toujours quelque chose » et qu'il reste dominé autant par l'attachement que par l'avidité ! De plus, la pratique du don consiste en une pratique de « lâcher-prise » qui rejaillira automatiquement sur la pratique de la méditation car « si vous êtes habitué à lâcher prise des choses matérielles, cela sera beaucoup plus facile de commencer à faire l’expérience du lâcher-prise des attitudes mentales malhabiles »...

Un texte fondamental du Mahāyāna
Publié le: Vendredi, 31 Mai, 2013 - 16:45

Le « Sūtra du Lotus de la Bonne Loi »

Saddharma Puṇḍarīka Sūtra

Lotus-0_0.JPGLe « Sūtra du Lotus de la Bonne Loi » est l'un des plus anciens et des plus importants sūtra du Mahāyāna. Bien qu’on en connaisse aujourd’hui plusieurs versions indiennes (en sanskrit et en gandhari), son influence fut surtout importante en Asie centrale et plus encore orientale, où il connut de nombreuses traductions et donna naissance à plusieurs écoles qui le considéraient comme le summum de la doctrine bouddhique, notamment l'école chinoise Tiantai (en japonais : Tendaï) et, au Japon, l'école fondée par Nichiren.
Ce Sūtra est aussi célèbre pour ses paraboles, comme celle du « Fils prodigue » ou encore celle de « la Maison en feu », dans laquelle sont évoqués trois Véhicules (des auditeurs, des « buddha-pour-soi » et des bodhisattva), mais qui fait surtout l’éloge du « Grand Véhicule », présenté comme le seul et unique Véhicule enseigné par le Bouddha.

Pour vous le présenter, nous vous proposons un article que Mark L. Blum lui a consacré dans un ouvrage collectif que nous avons déjà plusieurs fois conseillé : « Bouddhisme - Art et philosophie, histoire et actualité », publié sous la direction de Kevin Trainor.