Les "Dossiers de l'UBE" - archives

Bouddhisme(s) contemporain(s)
Publié le: Samedi, 1 Janvier, 2011 - 14:22

Bouddhisme(s) contemporain(s)

Durant l'année 2010, les éditions Sully ont publié plusieurs ouvrages liés au bouddhisme contemporain qui méritent, chacun, d'être signalés... et qui pourront satisfaire des centres d'intérêt et de curiosité très divers !
Deux sont liés aux pays de l'école Theravâda, deux autres à l'enseignement du Zen. Trois sont des recueils d'enseignements et de pratiques, le quatrième le fruit d'une enquête de terrain menée par un anthropologue français... Nombre d'entre vous connaissent vraisemblablement déjà les noms d'Ajahn Chah et de Thich Nhât Hanh ; il leur reste à découvrir Ama Samy et Guillaume Rozemberg !
 

     

Nous aurons l'occasion de revenir ultérieurement sur ces publications et de vous les présenter, chacune, plus en détails... Pour l'instant : honneur aux aînés - parce qu'il faut bien commencer par l'un d'entre eux ! Nous vous proposons de prendre connaissance d'un enseignement d'Ajahn Chah (1918-1992).
Le maître thaïlandais, aujourd'hui disparu, était connu comme l'un des plus éminents représentants de la tradition des "moines de forêt" et, par son disciple américain Ajahn Sumedho, il est aussi le fondateur de la branche occidentale de cette lignée qui rayonne désormais sur trois nouveaux continents - Europe, Amérique et Océanie - depuis le monastère d'Amaravati, en Angleterre.
Ajahn Chah était réputé pour la très grande simplicité de ses enseignements. Bien qu'il connût les textes et les traités de la tradition du Theravâda, il préférait s'inspirer de la vie quotidienne - la sienne et celle de ses auditeurs - pour illustrer ses conseils pleins de bon sens. L'érudit y reconnaîtra les doctrines et les pratiques présentées dans le Canon ; le néophyte, lui, n'aura pas besoin de ces connaissances pour en apprécier la justesse !
Après "Tout apparaît, tout disparaît", déjà publié en 2009, et "L'esprit et la voie" de son disciple Ajahn Sumedho, publié en 2007, "Vertu et méditation" est la dernière publication d'Ajahn Chah en français, grâce aux éditions Sully... Un "Livre 1" dont on attend déjà la suite !
En ce début d'année - où l'on peut se demander comment donc pratiquer le Dhamma efficacement dans la vie quotidienne - nous vous proposons de lire un enseignement donné sur ce sujet par ce "Vénérable Père" ("Luong Por", titre honorifique autant qu'affectueux qui lui fut donné par ses disciples...), toujours attentif au bien-être de ceux qui venaient auprès de lui.

Le bouddhisme "moderne"...
Publié le: Mercredi, 1 Décembre, 2010 - 14:22

Le bouddhisme "moderne"
Ou comment les asiatiques ont eux-mêmes
"occidentalisé" le bouddhisme...

  

Si l'on parle beaucoup, depuis quelques décennies, de l'occidentalisation du bouddhisme par les Occidentaux eux-mêmes, on oublie trop souvent que le message de Gautama Sakyamuni n'est pas arrivé en Occident, depuis plus d'un siècle, sans avoir subi, déjà, quelques transformations...
Un mouvement asiatique, apparu à la fin du XIXe siècle, et connu sous le nom de "modernisme bouddhique" ou encore de "protestantisme bouddhique", est en grande partie à l'origine de tous les a priori - le plus souvent favorables ! - que nous avons vis-à-vis du bouddhisme.
L'oeuvre de ses fondateurs consista notamment à donner du bouddhisme une image exactement inverse de celle que les religions chrétiennes avaient en Europe ; le bouddhisme devint ainsi, en Asie même, un formidable "outil" contre les missions chrétiennes des colonisateurs, anglais et français, et le fondement doctrinal d'un nationalisme pan-asiatique...
L'influence de ce mouvement fut considérable au début du XXe siècle, en Asie comme en Europe, favorisant la diffusion d'un bouddhisme déjà "occidentalisé", et elle reste sensible aujourd'hui, bien qu'elle ne soit plus guère perçue - preuve de sa réussite !
Nous vous proposons d'en découvrir l'histoire et les principaux aspects à travers un extrait de l'article que l'universitaire allemand Heinz Bechert lui avait consacré dans un ouvrage malheureusement aujourd'hui introuvable en librairie...

 

Nâlandâ va renaître de ses cendres…
Publié le: Lundi, 1 Novembre, 2010 - 14:22

Nâlandâ
La célèbre université bouddhiste indienne
va renaître de ses cendres…

Le grand complexe monastique de Nâlandâ a certainement constitué la plus célèbre université de tout le monde bouddhiste. Située en Inde du nord, dans le Bihar – à proximité des sites de Bodhgâya et de la ville de Patna (l’ancienne Pataliputra, capitale du royaume de Magadha) -, Nâlandâ a rayonné dans l’Asie entière et des étudiants s’y rendirent de toute l’Inde, de Ceylan, du Bengale, du Tibet, d’Indonésie, d’Asie centrale, de Chine et du Japon...
Si la légende veut qu’elle ait été fondée dès la vie même du Bouddha, la réalité archéologique date les plus anciens vestiges du Ve siècle de notre ère, durant l’ère des rois Gupta. A cette époque, le Mahâyâna (Grand Véhicule) florissait en Inde et tous les textes de ce courant – sûtra et sâstra - y étaient étudiés ; mais on y enseignait aussi la grammaire, la logique, la philosophie, la métaphysique, l'astronomie et la médecine.
Au plus fort de sa célébrité, l’Université accueillait environ 10.000 moines, dont 1.500 enseignants, dans plusieurs monastères réunis au sein d’une vaste enceinte comprenant aussi des stûpas, des temples, des bibliothèques, des réfectoires, des établissements de bains... une véritable ville vouée au bouddhisme et à l’étude encyclopédique ! On évoque plus de 100 monastères ; le site archéologique, aujourd’hui, offre encore les vestiges imposants de dix d’entre eux à la curiosité des visiteurs.
Nâlandâ connaîtra une fin tragique, en 1193, lorsque l’envahisseur d’origine turque
Bakhtiyar Khilji la mettra à sac, tuant des milliers de ses résidents et brûlant tous les bâtiments. On dit que les bibliothèques mirent plus de six mois à se consummer entièrement...
Depuis plusieurs années, de nombreux intellectuels d’Inde et d’autres pays bouddhistes d’Asie souhaitent recréer ce complexe universitaire prestigieux. Le projet vient de recevoir l’approbation du gouvernement de New Delhi !
Pour évoquer ce lieu prestigieux et sa future destinée, nous vous proposons de découvrir un communiqué de l’AFP concernant le projet à venir, mais aussi le témoignage de deux pèlerins chinois,
Xuanzang et Yi Jing, qui y séjournèrent au VIIe siècle de notre ère, alors que l’université connaissait son apogée, grâce auxquels nous pouvons aujourd’hui imaginer, un peu, la grandeur d’un tel lieu !

 

Quelques repères pour mieux connaître le bouddhisme tibétain...
Publié le: Mercredi, 1 Septembre, 2010 - 15:22

Quelques repères
pour mieux connaître le bouddhisme tibétain...
 

Trois maîtres du bouddhisme tibétainSi le bouddhisme tibétain occupe une très large place dans les médias occidentaux, il n'en est pas forcément très bien connu du plus grand nombre !
Sa place dans le monde bouddhiste, son histoire, ses caractéristiques, ses différents courants, écoles ou lignées, ses chefs spirituels... autant de points qui restent flous, voire inconnus de la plupart de ceux qui s'y intéressent.
Nous voudrions proposer ici quelques repères, qui n'épuiseront pas la curiosité pour un sujet aussi vaste et complexe mais qui, nous l'espérons, contribueront à apporter au moins quelques éclaircissements !
Ce dossier pourra être complété par la lecture d'autres pages de notre site et de nombreux numéros anciens de notre "e-zine", déjà consacrés à ce sujet... 

19 mai 2007 : à Dharamsala, les représentants de trois des principales écoles du bouddhisme tibétain - de gauche à droite : Sakya Trizin (Sakyapa), le Dalaï Lama (Guélougpa) et le Karmapa (Karma-kagyüpa).

 

Ayya Khema : « Méditer, c'est s'occuper de son esprit avec amour ! »
Publié le: Jeudi, 1 Juillet, 2010 - 15:22

Ayya Khema :
Méditer, c'est s'occuper de son esprit avec amour !
 

Ayya Khema est une très grande dame qui a laissé une empreinte mémorable dans la tradition du Theravâda... et bien au-delà !
Née à Berlin en 1923, de parents juifs, elle a connu une existence particulièrement mouvementée avant de découvrir le bouddhisme, dans les années 60, auquel elle consacra le reste de sa vie, jusqu'à sa mort en 1997.
Ordonnée nonne au Sri-Lanka, en 1979, elle devint une figure incontournable du développement de la pratique de la méditation dans la tradition du Theravâda, particulièrement pour les femmes : on lui doit, notamment, la fondation de "l’Ile des nonnes" de Parappuduwa, à Ceylan, et la création de l'association "Sakyadhita", organisation mondiale des femmes bouddhistes.
Enseignante réputée, elle parcourut le monde pour transmettre sa pratique de Vipassanâ et des Jhâna. Son style, simple et pratique, nous a été transmis par de nombreux ouvrages, en allemand et en anglais, dont un seul a été traduit en français à ce jour : "Etre une île".
C'est un extrait de cet ouvrage que nous vous proposons de découvrir, pour un enseignement consacré à la tendresse nécessaire qu'il convient de développer dans la pratique de la méditation...

 

 

L'école tantrique japonaise du Shingon
Publié le: Mardi, 1 Juin, 2010 - 15:22

L'école tantrique japonaise du Shingon
 

Pour les Occidentaux, le bouddhisme tantrique - Mantrayâna ou Vajrayâna - se résume généralement aux seules écoles tibétaines. On oublie ainsi trop souvent que cette forme du Grand Véhicule (Mahâyâna) a aussi été présente en Chine, dès le début de l'ère chrétienne, où elle a donné naissance à plusieurs écoles qui se sont ensuite transmises au Japon, où elles continuent d'être présentes et vivantes, à travers deux écoles principales - le Tendai et le Shingon.

Seule l'école Shingon - école de la "Parole Vraie" ou des mantra - s'est implantée dans les pays Occidentaux. Un seul temple, cependant, transmet ces enseignements en Europe : le temple Komyo-In, en Bourgogne.

Pour découvrir cette école, nous vous proposons quelques extraits d'un ouvrage déjà ancien, rédigé dans les années 1930, qui offre une approche originale et simple de cette doctrine "ésotérique" trop peu connue.
 

 

Le silence du Bouddha...
Publié le: Samedi, 1 Mai, 2010 - 15:22

Le silence du Bouddha

Pourquoi le "Maître-enseignant" garderait-il le silence ?...
 

Le buddha Gautama est souvent appelé Sâkyamuni, le "sage des Sâkya".

Ce surnom veut dire, littéralement, le "silencieux des Sâkya" (le terme "muni" correspond à notre mot "muet"...!). Une manière d'affirmer que sa sagesse, qui s'exprime dans un discours jusque là inouï (au sens propre), est exemplaire d'une certaine "économie" de la parole : "La parole est d'argent, mais le silence est d'or", pourrait-on dire avec la sagesse populaire !

Il n'est pas anodin que ce surnom ait été attribué au Buddha seulement au début de l'ère chrétienne, alors que se développe et se formalise le "Grand Véhicule". Une évolution qui n'aurait sans doute pas existée sans les écoles anciennes du Mahâsanghika, celles-là même qui, dès avant l'ère chrétienne, affirmaient que le Buddha enseignait à tous en prononçant un seul son (pas même un mot...), car chacun projetait sur ce son, selon ses conditionnements propres, ce qui lui était nécessaire d'entendre ; aussi le Buddha enseignait-il sans dire un seul mot !

 

"Notes pour une révolution bouddhiste"
Publié le: Jeudi, 1 Avril, 2010 - 15:22

"Notes pour une révolution bouddhiste"

Un recueil d'essais de David R. Loy
 

Né en 1947, David Loy est l'un des principaux bouddhistes occidentaux engagés dans une réflexion sur la confrontation du bouddhisme et de la modernité. Enseignant zen au sein de la tradition Sambô Kyôdan, David Loy a enseigné la philosophie à la faculté des études internationales de l'Université de Bunkyô (Chigasaki, Japon) et est aujourd'hui professeur BESL d'Ethique / Religion et Société à l'Université Xavier (Ohio, USA). Il a publié de nombreux livres et articles qui, tous, visent à confronter le bouddhisme traditionnel au monde moderne occidentalisé... et, inversement, à interroger les certitudes occidentales à la lumière des principes fondateurs du bouddhisme. Une saine confrontation qui - quand bien même on pourrait ne pas être d'accord avec les conclusions de l'auteur - ont le mérite de poser bon nombre de bonnes questions !

 

Quel est le devenir de l'homme, aujourd'hui devenu chose ?
Publié le: Lundi, 1 Mars, 2010 - 14:22

"Quel est le devenir de l'homme,
aujourd'hui devenu chose ?"

Les bouddhistes ont des choses à dire...
 

Rencontre - Débat

vendredi 16 avril 2010, de 19 h à 22 h
à la "Maison des Associations" du XIVe arrondissement
22 rue Deparcieux 75014 Paris (M° Denfert-Rochereau)
 
 

A l'occasion de la parution du n° 30 de la revue "La pensée de midi", sur le thème "De l'humain - Nature et artifices", l'UBE propose une rencontre-débat avec Raphaël Liogier  (*), coordonateur de ce numéro.

Livré à l’industrie médicale, aux biotechnologies, au génie génétique, à l’eugénisme systématique bientôt peut-être, éventuellement au clonage thérapeutique et reproductif... quel est le devenir de l'homme, aujourd'hui devenu chose ?
Comment penser, désormais, l'humanité et ses caractéristiques ?  Quelle pertinence ont encore les définitions qu'en ont donné les philosophies et les religions des siècles passés, ou encore les discours scientifiques anciens et modernes, voire de ces dernières décennies ?...
Autant de questions sur lesquelles les bouddhistes peuvent avoir des choses à dire et sur lesquelles, d'ailleurs, un bouddhiste - l'américain Tenzin Robert Thurman - s'est exprimé dans ce numéro, dans une interview accordée à Raphaël Liogier.

"La pensée de midi" n°30
éditions "Actes Sud" - prix de vente : 18,50 € 
 

* Sociologue et philosophe, il est professeur des universités à Science Po Aix-en-Provence où il dirige l'Observatoire du religieux (CHERPA). Il a récemment publié Une laïcité “légitime”, la France et ses religions d'Etat (Entrelas, 2006) et A la rencontre du dalaï-lama : Mythe, vie et pensée d'un contemporain insolite (Flammarion, 2008).

 

Bouddhisme et violence
Publié le: Lundi, 1 février, 2010 - 14:22

Bouddhisme et violence

Le bouddhisme passe généralement pour une religion tolérante dont la doctrine, pacifique, a fait de la compassion son idéal. Chez lui, point de croisades ou de guerres saintes ! Pourtant, les contre-exemples ne manquent pas et c'est précisément parce que les bouddhistes font de la non-violence leur "marque déposée" que le rapport compliqué (voire parfois ambigu) du bouddhisme à la violence pose question.

Bernard Faure - historien des religions, spécialiste reconnu du bouddhisme, à qui l'on doit notamment un excellent "Sexualités bouddhiques" - a publié en 2008 un ouvrage intitulé "Bouddhisme et violence" qui a le grand mérite d'aborder ce sujet sous des angles multiples : les positions doctrinales (pour ou contre...) et leurs justifications (défense du Dharma, meurtre par compassion...), la réalité des communautés bouddhiques dans la société (rapport au politique et à la guerre, nationalisme bouddhique, vis-à-vis des autres religions ou des "hérésies" internes...), la violence envers les animaux, la violence institutionnelle (le milieu monastique, la place des femmes...), les violences visuelles et symboliques (divinités courroucées, démons, excorcismes...), etc.

Nous vous proposons de découvrir l'un de ces chapitres, qui s'intéresse plus particulièrement à la violence envers soi-même : suicide, don de soi, ascèse. Une occasion de montrer que le discours est rarement univoque et que la réalité des bouddhismes s'inscrit dans des cultures mutiples et variées...

Bouddhisme et violence  -  Bernard Faure
éditions Le Cavalier Bleu, coll. "Mobilisations", Paris, 2008

 

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