Les "Dossiers de l'UBE" - archives

Prendre en compte les mécanismes sociaux de la souffrance...
Publié le: Vendredi, 15 février, 2013 - 11:43

Qu’est-ce que le bouddhisme engagé ?

Rommeluere_Bouddhisme-engage.jpgIncarné par des personnalités comme le XIVe dalaï-lama ou le maître vietnamien Thich Nhat Hanh – qui forgea cette expression dans le contexte de la guerre du Viêtnam –, le « bouddhisme engagé » est un nouveau courant de pensée apparu sous l’influence des conceptions occidentales de l’aliénation et de l’émancipation.
Dans ses formes historiques, le bouddhisme a toujours considéré la souffrance comme la manifestation d’une angoisse existentielle individuelle, et ses enseignements comme des méthodes pour en défaire les mécanismes mentaux ; mais, depuis le début du XXe siècle, quelques bouddhistes ont souhaité élargir ce point de vue et ont décidé de prendre en compte, aussi, les mécanismes sociaux de la souffrance…
Né en Asie, mais désormais de plus en plus présent en Occident, le « bouddhisme engagé » exprime ainsi une position réellement nouvelle dans l’histoire pluri séculaire du bouddhisme : désormais un bouddhiste peut (ou mieux doit) s'engager dans la vie politique, économique ou civile afin de concrétiser, en ce monde, un idéal de société juste et équitable, quitte – et c'est là encore une nouveauté ! – à s’opposer aux structures établies. On critique ainsi un modèle qui voudrait que le « moine » demeure comme en retrait de la société, sans remettre en cause les systèmes politiques ou économiques, quitte à paraître ignorer qu’une grande partie de l’humanité ne mange pas à sa faim, n’a pas de toit sous lequel s'abriter et n’a toujours pas accès à l'éducation…
Les bouddhistes engagés, eux, déclarent ressentir le besoin de répondre à une souffrance plus globale que la simple souffrance psychologique ou existentielle. Pour eux, il leur faut aussi affronter les inégalités sociales, les problèmes matériels, les questions économiques et les oppressions. Se changer soi-même et changer le monde ne sont plus alors que deux facettes d’un même projet !

Éric Rommeluère, enseignant bouddhiste formé dans la tradition zen, participe actuellement à la création d’un collectif francophone de bouddhistes engagés. Auteur de nombreux articles et essais – comme Les bouddhas naissent dans le feu (2007) et Le bouddhisme n’existe pas (2011) – il poursuit son exploration des enseignements du Bouddha, de leurs interprétations et adaptations possibles – voire souhaitables… – en Occident en signant aujourd’hui un sixième ouvrage : Le bouddhisme engagé. Le livre est divisé en trois grandes parties : une présentation développée du bouddhisme engagé, ses origines, ses tendances, son hétérogénéité, ses figures contemporaines ; un questionnement sur le bouddhisme engagé, ses promesses, ses paradoxes et les difficultés qu’implique l’intégration de perspectives sociales ; une méditation sur la possibilité d’un engagement face aux grands défis contemporains (les questions économiques, politiques et écologiques), puisant dans les enseignements bouddhistes ainsi que dans d’autres courants de pensée contemporains comme l’éthique du « care ».
Nous vous proposons d’en découvrir trois extraits : préface, extrait du chapitre 1 et postface.

A noter que l’IEB recevra Eric Rommeluère le mardi 26 mars, de 18 h 30 à 20 h 30, au « Forum 104 » (104 rue de Vaugirard 75006 Paris, salle « Les Oliviers »), pour une conférence-débat autour de son livre.
Quelques exemplaires de l’ouvrage seront proposés à la vente à cette occasion.
Accès libre et gratuit, sans inscription préalable !

Corps et esprit dans le bouddhisme et le christianisme
Publié le: Mardi, 2 Octobre, 2012 - 11:06

Christ-Buddha.jpgLe Buddha et le Christ :
une question d'actualité...

Les rapports - relations, similitudes, oppositions... - entre le bouddhisme et le christianisme, comme entre le Buddha et le Christ, restent toujours d'actualité !
Outre l'Atelier proposé à l'IEB sur la "double appartenance" (animé par Eric Vinson, à partir du 15 octobre prochain), on peut évoquer la réédition récente du livre historique du Cardinal de Lubac sur les "Aspects du bouddhisme", ou remarquer la conférence inaugurale que l'Institut supérieur de Théologie de Nice Sophia-Antipolis demandait récemment à Dennis Gira sur le thème : "Jésus et/ou Bouddha ? Le bouddhisme est-il une alternative au christianisme"...
Parmi les sujets abordés dans le cadre du "dialogue bouddhisme-christianisme", la place du corps dans la pratique et ses relations avec l'esprit occupe une place de choix. On a souvent évoqué le fait que les chrétiens auraient "re-découvert" le corps, dans leur propres pratiques spirituelles, sous l'influence des "spiritualités orientales", et notamment du bouddhisme - la "méditation à la manière du Zen" ayant désormais sa place dans certains monastères chrétiens...
Pour évoquer ce thème - et coller à l'actualité de rentrée de l'Institut d'Etudes Bouddhiques - nous vous proposons de découvrir deux interventions consacrées à ce sujet, diffusées sur le site des éditions Bayard : "Croire.com". Dans une première intervention, intitulée "La tête et les jambes", le père dominicain Thierry-Marie Courau (Doyen de la Faculté de théologie de l'Institut catholique de Paris) évoque son "expérience d'entraînement de l'esprit" dans un centre bouddhiste américain - expérience vécue lors d'un "tour du monde" bouddhiste qui a duré un an et lui a permis d'être initié aux différentes formes de "méditation" pratiquées par les bouddhistes du Theravâda, du Zen et du bouddhisme tibétain. Dans une autre intervention, intitulée "Redécouvrir l'unité "corps-âme-Esprit" par la double-appartenance chrétien-bouddhiste", notre collègue Eric Vinson explique la place qu'occupent le corps et le "symbolique" sur la voie spirituelle, tant en bouddhisme qu'en christianisme.

Hors de toute convention : les Mahāsiddha
Publié le: Dimanche, 9 Septembre, 2012 - 17:24

Les « Grands Accomplis »
extraordinaires et si humains !

quatre_Mahasiddha.jpgEmblématiques de la pratique tantrique, surtout dans sa dimension non conventionnelle, les « Grands Accomplis » – Mahāsiddha – sont des maîtres indiens qui ont vécu entre le VIIe et le XIIe siècle. Instruits dans les pratiques par de grands bodhisattva comme Mañjuśrī ou Vajrapāṇi, ils ont souvent donnés naissance à des lignées de transmission du Vajrayāna et sont, pour certains d'entre eux, directement à l'origine des différentes lignées actuelles du bouddhisme tantrique, tibétain ou japonais !
Populaires et souvent vénérés, particulièrement au Tibet, ce sont des personnages dont on peine à savoir s’ils ont eu une existence historique réelle, amplifiée ultérieurement par la tradition, ou s’il s’agit de personnages avant tout archétypiques. En effet, tout comme on évoque les 84.000 enseignements du Buddha – autant qu’il y a de « cas » psychologiques singuliers pris en compte par le Buddha dans ses enseignements – la tradition la plus répandue compte 84 Mahāsiddha. Ce nombre, symbole de complétude dans la tradition indienne, permet de considérer chacun d’entre eux comme un exemple paradigmatique de pratique et de perfectionnement ; ainsi chacun pourra envisager, selon ses caractéristiques propres – illustrées par l’un ou l’autre de ces Mahāsiddha –, de s’engager sur la Voie tantrique en ayant bon espoir de réussite !
Leurs biographies – compilées notamment par le maître indien Abhayadatta – offrent un florilège haut en couleurs de personnages atypiques, en raison des « grands (mahā) pouvoirs (siddhi) » qu’ils ont développés, mais aussi étonnamment familiers puisque tous manifestent des caractéristiques, des passions ou des défauts communs à chaque membre de l'humanité ! Aussi, qu’on soit avare, joueur, paresseux, moine érudit, chasseur, forgeron, roi, mendiant ou décortiqueur de riz, l’un d’entre eux aura forcément un point commun avec chacun des hommes… ou des femmes – car on compte aussi 4 femmes parmi les Mahāsiddha !
Nous vous proposons d’en découvrir quelques-un(e)s…

Entre « quête de Soi » et « ouverture au Tout »...
Publié le: Lundi, 28 Mai, 2012 - 18:06

« Souci de soi, conscience du monde »
Vers une religion globale ?

individuo-global-2.jpgContrairement à la plupart des observateurs actuels qui prétendent que nous entrons dans une ère de « multiplication des croyances », Raphaël Liogier entend montrer dans son dernier ouvrage « Souci de soi, conscience du monde » que, sous des « emballages » multiples, tout le monde croit finalement de plus en plus... la même chose !
Cette croyance commune, il l’appelle « individuo-globalisme », car elle combine l’épanouissement de l’individu, son bien-être, la suprématie de la « vérité intérieure », l’actualisation d’un potentiel personnel secret... et, en même temps, une mystique du cosmos, de l’univers, du Tout, de la Nature en quelque sorte « divinisée ».
L’ouvrage montre aussi qu’il existe, d’un côté, des religions instituées pénétrées par l’individuo-globalisme - et le « bouddhisme occidental » en est un exemple particulièrement frappant...-, qui peuvent avoir plus ou moins de succès, mais surtout, d’un autre côté, une religiosité institutionnellement invisible qui s’imprime dans nos moindres actes quotidiens, même lorsque nous nous affirmons athées et officiellement incroyants ! Autrement dit, cette mutation religieuse est aussi le produit d’une lente révolution culturelle.
Il s'agit ici d'une description nouvelle de l’évolution de la mondialisation : non pas des « civilisations » se faisant face à l’échelle planétaire, mais une même culture dominante, produite par les sociétés industrielles avancées, qui se diffuse sous différentes formes ou « esthétiques », qu'elle soit assimilée et incorporée dans les différents contextes locaux, ou, au contraire, qu'elle fasse l’objet de réactions - par exemple à travers le(s) fondamentalisme(s). L’ouvrage montre ainsi à quel point la mondialisation n’est pas seulement un processus matériel mais aussi, et peut-être surtout, symbolique ; autrement dit : les croyances, elles aussi, se mondialisent !

Nous vous proposons de découvir deux larges extraits de cet ouvrage, avant une rencontre-débat avec Raphaël Liogier, lors de notre "Journée de fin d'année", le samedi 23 juin prochain, de 16 h à 18 h, au "Forum 104", (104 rue de Vaugirard 75006 Paris - entrée libre et gratuite).

Initiation à la méditation profonde
Publié le: Mercredi, 2 Mai, 2012 - 16:48

Connaître, comprendre...
et pratiquer les jhâna !

buddhist-meditation.jpgParmi les différentes pratiques de méditation bouddhistes, celle des jhâna reste certainement la plus méconnue. Bien qu'elle occupe une place extrêmement importante dans les textes - et qu'elle soit même celle que le Buddha pratiqua juste avant d'atteindre l'Eveil... - son enseignement n'a pas été autant diffusé en Occident que celui de la méditation dite de "Vipassana". Certains disent même que les jhâna ne sont pas nécessaires à la Libération, mais parvenir aux jhâna présente pourtant beaucoup d’avantages et, depuis une dizaine d'années, elle semble même en passe d'être "réhabilitée" !
Deux ouvrages, depuis peu disponibles en traduction française, tentent de mieux faire connaître cette pratique : "Le manuel de méditation selon le bouddhisme Theravâda", d'Ajahn Brahm, paru aux éditions Almora en avril 2011, et "Initiation à la méditation profonde en pleine conscience" de Bhante Hénépola Gunaratana.
Comme pour son "best-seller" consacré à la méditation de Vipassana ("Méditer au quotidien"), Bhante Gunaratana présente, avec une clarté remarquable, un exposé tout à fait classique de cette pratique, inspiré de l'ouvrage de référence en la matière, le "Visuddhimagga" ("Chemin de la purification") de Buddhaghosa. Dans un style limpide et accessible, Bhante Gunaratana s'adresse aux Occidentaux en sachant rendre compréhensible un vocabulaire souvent technique et des expériences fort peu communes...
Nous vous proposons de découvrir quelques extraits de son chapitre 2, introductif, dans la traduction de Gilbert Gauché, parue chez Marabout le 9 mai 2012.

Le dialogue : nécessaire et exigeant...
Publié le: Lundi, 2 Avril, 2012 - 23:31

Pour apprendre à dialoguer :
une méthode simple... ou presque !

Gira_Dialogue-pour-tous.jpgDennis Gira est bien connu pour son engagement dans le dialogue interreligieux, tout particulièrement avec les bouddhistes. Son parcours, en lui-même, est déjà un dialogue ! Né à Chicago, aux Etats-Unis, il a vécu pendant plusieurs années au Japon, où il a notamment étudié les écoles bouddhistes de la "Terre pure", avant de s'installer en France - dont il a acquis la nationalité - et d'enseigner sur le bouddhisme à l'Institut Catholique de Paris.
Rien d'étonnant, alors, à ce que Dennis Gira ait largement utilisé cette riche expérience humaine pour nourrir sa réflexion sur la nature profonde du dialogue - et pas seulement sur son intérêt ou sa nécessité. L'ouvrage qu'il vient de publier - au titre un peu narquois - se veut donc beaucoup plus qu'une simple invitation à la rencontre ou au débat, encore moins une apologie d'une sorte de tolérance ; c'est à l'exigence d'un dialogue "vrai" qu'il invite, comme à un engagement réciproque, au sens le plus profond et véritable du terme !
Car le dialogue s'impose à tous : interreligieux ou interculturel, comme aussi politique, philosophique, dans la vie de couple ou l'amitié...
Il s'impose donc aussi à tous ceux qui s'intéressent au bouddhisme et qui - peut-être - souhaitent s'y engager ; car il leur sera nécessaire, à eux aussi, d'entrer en dialogue avec une pensée et une tradition "autre", transmises par l'intermédiaire de cultures différentes, dans une langue inconnue, par des hommes et des femmes étrangers... La "méthode" que Dennis Gira propose ici s'avère donc utile à chacun ! Et comme elle est en grande partie basée sur son expérience de la découverte du bouddhisme japonais et du dialogue bouddhisme-christianisme - illustrée de nombreux exemples vivants et révélateurs -, il nous a semblé d'autant plus intéressant de vous en faire découvrir quelques extraits.

Comment un bouddhiste doit-il se nourrir ?
Publié le: Lundi, 5 Mars, 2012 - 16:17

Bouddhisme et végétarisme :
un débat sans fin...

animals&buddhism.jpgLa question du végétarisme en bouddhisme a toujours fait débat, y compris au sein de la Communauté bouddhique elle-même... Depuis que l’Occident a découvert à son tour l’enseignement du Buddha, chercheurs et, désormais, adeptes de cette Voie ont tenté, à leur tour, de comprendre pourquoi cette pratique fort souvent préconisée sinon même, parfois, exigée est, dans les faits, aussi peu pratiquée !
Dans le dernier numéro de notre publication "Les cahiers bouddhiques" n° 7 (mars 2012), Dominique Trotignon consacre un long article à ce sujet.
Les arguments des bouddhistes asiatiques sur cette question ont souvent semblé sybillins, voire hypocrites, à des observateurs venus d’un autre « monde ». En reprenant cette controverse, tout au long de sa longue histoire, on peut néanmoins mettre en lumière les conditions, internes et externes à la Communauté bouddhique, qui ont justifié les préconisations comme les débats, parfois violents, qui ont opposé promoteurs et détracteurs d’un végétarisme absolu. Cette question ne saurait être réellement comprise sans la replacer dans le contexte doctrinal du bouddhisme et de ses notions essentielles : le conditionnement y compris culturel et sociétal de tous les phénomènes, la primauté de l’intention et de la motivation sur l’acte lui-même et, aussi, la prise en compte de chaque acte intentionnel au sein d’une même « ligne d’action ». Au final, on se rendra compte qu’il faut distinguer, absolument, le fait de « se nourrir » de celui qui consiste à « se procurer de la nourriture ».
Nous vous proposons, ci-dessous, deux extraits de cet article...

Comment changer notre rapport au monde
Publié le: Mercredi, 1 février, 2012 - 16:09

Rôle et fonctions du rituel
dans la pratique bouddhique

rituel.jpgLe rituel occupe une place importante – sinon centrale – dans toutes les traditions bouddhiques. C’est un sujet qui embarrasse parfois les Occidentaux qui se tournent vers le bouddhisme comme vers une philosophie et qui voient dans le rituel une forme de religiosité en quelque sorte « inconvenante »… Pourtant, le bouddhisme affirme que notre vision du monde dépend en grande partie de notre attitude mentale à son égard et le rituel, en modifiant – au moins ponctuellement – cette attitude a aussi pour vocation de jouer un rôle de « purification » de l’esprit.
Rien de magique là dedans ! Il s’agit plutôt de développer, grâce aux rituels, une attitude mentale nouvelle et transformatrice qui, à force d’habitude, peut entraîner une modification de notre esprit complémentaire de celle qui se produit au cours de la « méditation » : cultiver et développer le respect dans la vénération et l’hommage, l’humilité dans le salut et la prosternation, le don dans l’offrande, l’attention bienveillante dans l’entretien matériel d’un autel, d’une statue, d’un livre… Comme toujours dans le bouddhisme, c’est l’état d’esprit et l’intention qui priment sur le geste lui-même.
Quelles soient les différences formelles qui peuvent apparaître parfois, selon les courants et les écoles, les rituels des diverses traditions bouddhiques ont donc toutes des aspects communs. Nous vous proposons d'en découvrir quelques-uns des grands principes à travers l'enseignement d'un maître bouddhiste vietnamien contemporain. La tradition vietnamienne offre en effet cette particularité de s'être développée à la jonction de l'Extrême-Orient et de l'Asie des moussons, des mondes indien et chinois, des pays du Threvâda et de ceux du Mahâyâna ; ainsi chacun pourra trouver des résonnances de cet enseignement avec celui d'autres traditions !

Comment parvenir à la Libération ?
Publié le: Vendredi, 6 Janvier, 2012 - 10:49

Une méthode pratique en sept étapes...

telle qu'elle a été préconisée - et expérimentée - par le Buddha !
 

buddha_&_bhikkhu.jpg

Depuis plusieurs années, Christian Maës propose, sur un site Internet (http://majjhima.perso.neuf.fr/) sa traduction d'un des recueils les plus importants du Canon ancien rédigé en pâli : le Majjhima-Nikâya ou "Recueil des discours de moyenne grandeur". Cet ensemble, même s'il comprend certaines redites (familières dans ce genre de littérature...), est un monument de la littérature bouddhique et est considéré comme un florilège des enseignements les plus importants  délivrés par le Buddha. On a toujours recommandé aux "moines" (bhikkhu) d'en privilégier la lecture, sinon même de l'apprendre par coeur afin de le garder présent à l'esprit et de pouvoir s'y référer constamment. Une tâche néanmoins difficile quand on sait que le volume réunit 152 sutta !...
Conscient de cette difficulté, Christian Maës propose désormais aussi une anthologie raisonnée d'une trentaine de ces textes sous un volume intitulé "Les Empreintes d'éléphant et trente autres récits" qui constitue une excellente introduction à cette littérature. A chaque traduction des textes eux-mêmes - réalisée directement à partir du pâli - Christian Maës adjoint des notes particulièrement importantes car toutes inspirées de l'abondante littérature des Commentaires qui ont été réunis, en Inde puis à Ceylan, durant les siècles qui ont suivi la disparition du Buddha.  Ces Commentaires ont été à leur tour synthétisés dans une oeuvre majeure de la tradition du Theravâda, le "Chemin de la Pureté" - Visuddhimagga - rédigé au Ve siècle de nore ère par Buddhaghosa, dont Christian maës avait d'ailleurs publié une traduction intégrale il y a quelques années.
De ces Commentaires et du Visuddhimagga il offre en plus la présentation synthétique de ce qu'il appelle l'Ancienne méthode en sept étapes, un résumé très éclairant de l'ensemble du cheminement proposé au pratiquant, de son état actuel jusqu'à la Libération finale. Sans aucun terme pâli, cette présentation reprend, étape par étape, les principaux éléments de l'enseignement pratique préconisé - et expérimenté - par le Buddha et ses successeurs : un condensé remarquable que nous vous proposons de découvrir...

Comprendre les "préceptes"
Publié le: Mercredi, 30 Novembre, 2011 - 15:03

Cinq préconisations pour "méditer" en action 

Cambodge_2007_AFP.jpg
Méditer ou agir... faut-il choisir ?

La pratique de la « méditation » en assise est bien connue. C’est un temps privilégié que le pratiquant s’accorde afin de développer les qualités de l’esprit dans les meilleures conditions possibles : assis, en silence, dans un lieu retiré... Mais il se doit, ensuite, de poursuivre ses efforts dans la vie ordinaire, aux cours de ses activités quotidiennes, dans chacun de ses actes… Comment faire ?
Un texte fondateur comme le Satipatthana-sutta propose bien de pratiquer l’attention-compréhension à l’occasion de chaque geste « ordinaire » : « Qu’il aille ou qu’il vienne… qu’il regarde droit devant ou autour de lui… qu’il fléchisse ou étende ses membres… qu’il mange, boive, mastique et savoure… qu’il défèque ou urine… marchant, debout, assis, s'endormant, s'éveillant, parlant, se taisant… il le fait avec attention et compréhension ». Mais une telle pratique semble réservée à quelques temps privilégiés d’une retraite intensive !
Qu’en est-il dans la vie de tous les jours, pour un laïc « maître de maison » qui doit assumer des charges et des préoccupations sociales, familiales, professionnelles…? Le Buddha n’a pas ignoré cette situation et a proposé un certain nombre de préconisations – au nombre de quatre ou cinq, selon les sources – qui constituent un « entraînement de base » ou la « voie de l’entraînement » (sikkha-pâda). Ces préconisations font pleinement partie de l’enseignement bouddhique et peuvent, notamment, s’inscrire dans la triade bien connue, que résume une célèbre stance du Dhammapada : « S’abstenir de tout mal, s’exercer à l’efficace, purifier son propre esprit, tel est l’enseignement des buddha ». 

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