Présentation - généralités

L'Union Bouddhiste de France (UBF) estime aujourd'hui à un million le nombre de bouddhistes en France, asiatiques et "français de souche" confondus. On compte désormais environ 400 lieux de pratique bouddhiste sur le territoire, de la petite salle de réunion aux plus grands complexes, dont près d'une centaine en région parisienne... Les bouddhistes "français-de-souche" représenteraient environ 300.000 personnes et se rattachent majoritairement aux écoles tibétaines et au Zen japonais. Il reste cependant extrêmement difficile d'apprécier réellement l'implantation du bouddhisme dans la population française : il n'existe aucune statistique officielle, aucun registre de "baptême" permettant une estimation scientifique...
 
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En 2008, le Dalaï-lama donne un enseignement à la Pagode vietnamienne d'Evry,
lors des cérémonies de son inauguration

Les quelques études qui ont été menées à ce jour montrent que les "bouddhistes français" forment une population hétérogène et "papillonnante" : la multiplication des centres d'enseignements favorise ces mouvements de curiosité et l'on assiste à de nombreux passages d'une tradition à l'autre ou d'une école à l'autre au sein d'une même tradition. Un phénomène grandement facilité du fait que l'on trouve en France, aujourd'hui, des représentants d'à peu près toutes les écoles bouddhistes.

La situation réelle du bouddhisme en France, complexe et contrastée, ne correspond qu'assez peu à l'image que peut en avoir le grand public. Ainsi l'importante population du Sud-est asiatique, disciple du Theravâda ou du Mahâyâna, majoritaire en France, est totalement ignorée des médias et du monde de l'édition. Ces communautés pourtant très actives, qui peuvent diffuser un bouddhisme vivant, n'ont touché jusqu'ici qu'un très petit nombre de Français. Cela est dû en grande partie au rôle culturel que jouent les temples et les pagodes auprès des populations exilées. La mauvaise connaissance de la langue française et la forte demande de la population asiatique ne permettent pas non plus à certains moines de diffuser auprès des Français l'enseignement de qualité qu'ils pourraient transmettre.

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Cérémonie au Temple de la Gendronnière (Loir-et-Cher)
en 2007, lors de l'anniversaire des 40 ans d'implantation du Zen en Europe
par le maître japonais Deshimaru

Bien qu'ils fassent l'objet de nombreux reportages et de multiples publications, le bouddhisme Vajrayâna tibétain et le bouddhisme Zen japonais sont trop souvent présentés de manière simplificatrice pour être réellement bien connus du grand public. Malgré les nombreux livres ou articles écrits, la réalité reste trop souvent masquée par des images "folkloriques" qui ne rendent pas justice à l'extraordinaire diversité des enseignements accessibles désormais en France.

Pourtant, loin de toute publicité ou médiatisation excessives, le bouddhisme s'implante réellement. Europe et Etats-Unis disposent aujourd'hui d'enseignants bouddhistes occidentaux capables de transmettre leur expérience dans les langues européennes et en tenant compte de l'environnement culturel de nos civilisations, d'origine judéo-chrétienne et gréco-latine. Si le dialogue bouddhisme-christianisme reste très discret, il est cependant actif, comme par exemple au sein du Dialogue Inter-religieux Monastique (créé par le Vatican et animé par des Bénédictins). De son côté, la pensée philosophique européenne apparaît aujourd'hui déterminante dans la diffusion du bouddhisme, notamment sur la formulation de ses concepts. On assiste en fait, bien que de façon encore discrète, à l'émergence d'une forme occidentale du bouddhisme, dont l'une des caractéristiques est la préférence donnée à un engagement laïc plutôt que monastique.

Pour découvrir les premières réactions face à l'implantation du bouddhisme en France, on pourra visionner l'un des premiers reportages consacrés aux nouveaux "bouddhistes de France", diffusé sur Antenne 2 le 7 août 1976, alors que se construisait le premier temple bouddhiste tibétain de France, près d'Autun, en Bourgogne...
=> sur le site de l'INA : http://www.ina.fr/economie-et-societe/boudha-sur-saone.fr.html

A l'occasion de l'inauguration du plus grand centre bouddhiste européen, le 22 juin 2012, à Bussy-St-Georges (voir l'annonce sur notre site), France Culture propose une interview de Dominique Trotignon (Directeur de l'IEB), sur le thème : "Le bouddhisme, à la fois très divers mais aussi mal connu" :
=> http://www.franceculture.fr/2012-06-24-le-bouddhisme-a-la-fois-tres-divers-mais-aussi-mal-connu

 

Theravâda et méditation Vipassana

Le Theravâda (ou "Voie des Anciens"), en Occident, se présente sous deux formes : traditionnelle et "moderniste".

Sous sa forme traditionnelle, le Theravâda est présent par l'intermédiaire d'une quinzaine de pagodes (ou "vihâra") où se réunissent les communautés exilées d'Asie du Sud-est ; sous sa forme "moderniste", par l'intermédiaire de centres ou de groupes de pratique de la méditation appelée Vipassana ("Vision pénétrante"), proposant un enseignement de cette méditation centrale dans l'enseignement Theravâda, mais indépendamment des formes de cultes traditionnels. Ce sont surtout ces derniers que fréquentent les Occidentaux.
Toutefois, quelques moines asiatiques (surtout sri-lankais) transmettent en français à la fois la pratique de Vipassana et l'enseignement du Bouddha, tel qu'ils sont conservés dans les "sutta" du canon pâli, auquel se réfère l'école Theravâda.

En Europe continentale, les pagodes sont essentiellement issues des communautés cambodgiennes et laotiennes ou animées par des moines sri-lankais (les Thaïs, en revanche, sont très présents en Grande-Bretagne). Quant aux centres de pratique de la méditation Vipassana, ils sont surtout issus de traditions d'origine birmane ou thaïlandaise.
 

Le Theravâda "traditionnel"

On compte une vingtaine de pagodes en France (une dizaine liées à la communauté cambodgienne, les autres aux communautés laotienne, vietnamienne et sri-lankaise). La majorité d'entre elles se situent en banlieue parisienne, mais il en existe aussi dans le Nord, en Gironde, en Haute-Garonne, dans le Rhône et à Marseille. Il existe enfin un monastère, en Ardèche, rattaché à la tradition des moines de forêt de Thaïlande (monastère Bodhinyanarama, à Tournon-sur-Rhône). Enfin, la première pagode thaïe de France a été inaugurée au mois de mai 2001, dans le département de Seine-et-Marne.
En Suisse, deux moines sri-lankais dirigent un centre accessible aux francophones dans lesquels on peut être initié ou pratiquer Vipassana : le vénérable Dhammika à Genève et le vénérable Walpola à Morges (canton de Vaud).
En Belgique, Bruxelles accueille deux pagodes cambodgiennes.

vesak.JPGLes Occidentaux sont généralement assez déconcertés par la pratique traditionnelle des asiatiques theravadins, qui met un fort accent sur les pratique communautaires, notamment l'offrande (dâna) aux "moines" (bhikkhu), comme l'offrance de nourriture (photo ci-contre, lors de la fête du Vesak, à la pagode laotienne de St-Leu-la-Forêt, au nord de Paris), beaucoup plus que sur la pratique de la "méditation" - bien qu'elle soit pratiquée effectivement dans certaines pagodes, mais de façon "discrète" et non prosélyte !
L'une des principales difficultés de la diffusion du Theravâda en milieu francophone est le rôle "culturel" que jouent les pagodes au sein des différentes communautés émigrées : les enseignants n'y parlent que rarement le français et, très sollicités par leurs concitoyens en exil, ils n'ont guère la possibilité de se vouer à l'enseignement aux Occidentaux. Seules les pagodes d'origine sri-lankaise disposent le plus souvent d'un programme d'enseignement et de pratique à destination des francophones.
Selon la tradition du sud-est asiatique, tout occidental sera bien accueilli à son entrée dans une pagode, mais il devra lui-même faire le premier pas, montrer son intérêt et questionner... on lui répondra très volontiers, mais on n'ira pas forcément au devant de ses attentes !
 
L'enseignement moderne de "vipassana"

Les principaux centres d'enseignement de la méditation Vipassana sont au nombre de six
Deux d'entre eux sont d'origine asiatique. Le premier se situe en Bourgogne et se rattache à la lignée (birmane) de Goenka, à Louesme (proche d'Auxerre). Le deuxième est le monastère Bodhinyanarama de Tournon-sur-Rhône, en Ardèche, lié à la tradition des moines de Forêt de Thaïlande (lignée d'Ajahn Chah).

Ajahn-Chah-photo-2.JPGSe rattachent aussi à la lignée d'Ajahn Chah (photo ci-contre à gauche) deux associations d'origine française : le Centre "Le Refuge" (près d’Aix-en-Provence), qui accueillent régulièrement des bhikkhu et bhikkhunî du monastère d'Amaravati (siège de la tradition de Forêt en Europe, près de Londres) et de ses monastères satellites ("Le Refuge" est "officiellement" rattaché à cette tradition depuis quelques années) ; l'association "Vivekârâma", présente à Paris et à Lyon, transmet des enseignements de diverses lignées mais privilégie, elle aussi, la tradition de Forêt de la lignée d’Ajahn Chah.

L'association "Terre d'Eveil" (basée à Paris), se rattache à un mouvement d'origine anglo-saxonne, plutôt informel, qu'on a pris l'habitude d'appeler la "Communauté Vipassana". Créée par des enseignants d'origine américaine, elle réunit des laïcs ayant reçu des enseignements de diverses traditions bouddhistes (theravâdine, zen et tibétaine) mais qui privilégient la méditation Vipassana comme un socle commun à toutes les traditions bouddhistes.
La méditation Vipassana a été aussi enseignée en région parisienne, durant quelques années, par queqlues Occidentaux ayant pris les voeux de "bhikkhu" : la nonne Siladhara Indavati, à la pagode du Bourget, le vénérable Sasana et le vénérable Dhamma Sami, à la pagode cambodgienne de Bagneux. Malheureusement, aucun d’eux n’est plus présent… [le Vénérable Dhamma Sami est néanmoins encore présent "virtuellement", sur Internet, par l’intermédiaire du site "Dhammadana.org"]
D'autres centres bouddhistes, qui ne sont pas forcément liés à la tradition Theravâda, proposent de temps à autres un enseignement ou une pratique de Vipassana. Des retraites sont aussi organisées, de façon ponctuelle, soit sous la direction d'enseignants présents en France, soit sous la direction d'enseignants anglais ou américains (le Theravâda est très implanté dans les pays anglo-saxons).

En Suisse, il existe à Genève un centre de méditation vipasyana (traditions theravâda et mahâyâna).
En Belgique, un groupe de pratique se situant dans la lignée de Mahasi Sayadaw : le Dhamma-Group de Bruxelles.

 

Pour retrouver les sites Internet des pagodes et des centres de pratique : consultez notre rubrique "Annuaire raisonné" dans la rubrique "Médiathèque - documentation" => "Sur Internet"

Pour connaître les caractéristiques de la méditation Vipassana :
Un livre de Jack Kornfield, l'un des principaux enseignants de Vipassana aux Etats-Unis, présente les principales lignées d'enseignement de la méditation dans le Theravâda : "Dharma vivant" (éditions Vivez Soleil, Genève, 2001).

Mahâyâna vietnamien et Thich Nhat Hanh

Le bouddhisme vietnamien est la forme de bouddhisme la plus répandue en France aujourd'hui... mais aussi la plus méconnue des Français ! Plus de 350.000 personnes originaires du Viêtnam vivent en effet sur le territoire et représentent ainsi plus de 60% des bouddhistes de France.

Le bouddhisme vietnamien se présente essentiellement sous deux formes : la forme traditionnelle, liée à la population émigrée de l'ancienne Indochine, et une forme « moderne » représentée par le maître contemporain Thich Nhat Hanh.
La forme traditionnelle est présente à travers une trentaine de pagodes, dont la plus ancienne est la « pagode de Fréjus », plus ancien monument bouddhique de France, construite en 1917 en l'honneur des « soldats annamites morts pour la France ».
Ces pagodes sont généralement regroupées au sein de fédérations, nationale - l'Eglise Bouddhique Unifiée du Viêt-Nam (EBUV), notamment - ou internationale - Linh Son International (qui compte une cinquantaine de pagodes dans le monde entier). Elle sont très représentatives du syncrétisme particulier à ce pays « frontière » qui, au cours de son histoire mouvementée, a subi les influences conjuguées de l'Asie du Sud-Est, qui suit aujourd'hui majoritairement le Theravâda, et de la Chine, confucéenne, taoïste mais aussi bouddhiste du Mahâyâna.
 

Un bouddhisme "composite"

L'histoire récente, liée à la colonisation française (fin du XIXe, début du XXe siècle), a incité les Vietnamiens eux-mêmes à opérer, contre la christianisation, une sorte de synthèse des différentes écoles bouddhistes présentes sur leur territoire, mêlant ainsi étroitement des influences Theravâda, Terre Pure, Thiên (transcription vietnamienne du Chan/Zen sino- japonais) et même tantrique. De plus, le bouddhisme y a toujours été fortement influencé par la religion autochtone, essentiellement par le culte des ancêtres.

Le bouddhisme vietnamien, notamment tel qu'il se perpétue au sein de l'EBUV et de la fédération Linh Son, présente donc un visage plutôt « composite » au regard des autres traditions bouddhistes asiatiques, qui paraissent souvent plus « monolithiques ». Il s'affirme souvent de tradition Thiên - qui a toujours joui d'un grand prestige - mais reste néanmoins profondément imprégné, à la fois, des pratiques de dévotion de l'école de la Terre Pure et du culte des ancêtres. D'autre part, quoique très influencé par le bouddhisme Mahâyâna, le respect des préceptes et de l'éthique, comme la référence fréquente aux sûtra anciens, démontrent une influence du Theravâda.

Un moine vietnamien résidant en France résume cette situation par une formule très conciliante - et tout à fait représentative : « Nous suivons l'enseignement du Theravâda pour ses principes, nous pratiquons la méditation Thiên ou l'invocation au Bouddha Amida [pratique de l'Ecole de la Terre Pure] et chacun de nos gestes est accompagné de formules tantriques » !

Deux grands pôles géographiques regroupent les principales pagodes vietnamiennes de France : la région parisienne et la région marseillaise, point de débarquement des « boat-people » dans les années 70.
 

Thich Nhat Hanh et "l'Ordre de l'Inter-Etre"

Tout à fait à part, bien qu'il se rattache lui-même à l'EBUV, est le Vénérable Thich Nhat Hanh, fondateur d'une nouvelle école : « l'Ordre de l'Inter-Etre » (Tiep Hien).

Installé en France depuis le début des années soixante-dix, il a surtout longtemps été connu aux Etats-Unis et dans les pays anglo-saxons (sa qualité de réfugié politique lui « interdisant » d'être trop « visible » en France...), mais la publication de ses très nombreux ouvrages ont finalement popularisé sa pensée en France. Résidant désormais en Dordogne, au « Village des Pruniers », sa communauté rassemble une centaine de religieux, et dispose de plusieurs « antennes » un peu partout en Europe occidentale.

ThichNhatHanh.jpgL'Ordre de l'Inter-Etre a été créé le 5 février 1966, à Saïgon, dans le cadre du mouvement de réforme bouddhique des années cinquante, alors que le Viêtnam connaissait la guerre et une répression du bouddhisme. Il s'appuie sur une série de préceptes qui reprennent et développent les Cinq Préceptes de base du bouddhisme, en les modernisant et en leur donnant une coloration nettement sociale, prônant aussi un engagement « politique ». Thich Nhat Hanh, plusieurs fois proposé au Prix Nobel de la Paix par son ami Martin Luther King, est d'ailleurs l'un des co-fondateurs du mouvement des « Bouddhistes engagés », aux côtés du thaïlandais Sulak Sivaraksa et du XIVe Dalaï-Lama.
Thich Nhat Hanh insiste dans son enseignement sur la pratique de la « Pleine conscience », qui s'effectue aussi bien en posture assise que dans chaque acte de la vie quotidienne. Une telle pratique relève ainsi presque autant de la pratique classique du Zen, le zazen, que de la pratique de « l'établissement de l'attention » (satipatthana) préconisée par les écoles du Theravâda [le sud-Viêtnam, d'où est originaire Thich Nhat Hanh, est proche, géographiquement et culturellement, du Cambodge theravâdin.].

Remarquable enseignant, écrivain et conteur, Thich Nhat Hanh a su rassembler autour de lui une communauté mixte, ce qui fait de lui, indéniablement, un personnage tout à fait exceptionnel. Son « Ordre de l'Inter-Etre » est à vrai dire le seul, aujourd'hui, à réunir ainsi dans de mêmes lieux et pour des pratiques semblables, à la fois des bouddhistes d'origine asiatique et des bouddhistes occidentaux.

 

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Zen et écoles japonaises

Très populaire dans les médias et le langage courant ("être zen..." !), le bouddhisme japonais en francophonie ne se résume pourtant pas à cette seule école ni au seul enseignement d'un maître réputé : Taisen Deshimaru...
Taisen Deshimaru et l'AZI

Parmi les écoles bouddhistes du Japon, le Zen est de loin la plus populaire en Occident et, au sein de ses différents branches, l'Association Zen Internationale - fondée par Taisen Deshimaru (1914-1982) - occupe une place privilégiée. Pendant longtemps, cette association a été plus ou moins tenue à distance par l'école Sôtô (dont Taisen Deshimaru était issu), la plus importante des trois écoles zen japonaises actuelles, fondée par le Maître Eihei Dôgen (1200-1253).

deshimaru.JPGTaisen Deshimaru avait en effet imprimé à son enseignement du zen sa forte personnalité ; il fait partie de ces enseignants asiatiques qui ont souhaité adapter le bouddhisme à l'Occident. Mais certains - notamment parmi ses compatriotes - ont jugé ses "adaptations" si importantes qu'ils n'ont pas hésité, à propos de son enseignement, à parler d'un "Zen de Deshimaru" comme d'une nouvelle école distincte du Zen Sôtô.

Centré sur la pratique de "zazen" - la méditation assise - le Zen traditionnel tient en haute estime la vie monastique et l'étude des oeuvres de maître Dôgen, notamment son Shôbôgenzô, "Le trésor de l'oeil de la vraie loi", véritable somme philosophique. Quoique voué à la vie laïque par son maître Kôdô Sawaki (1880-1965), Taisen Deshimaru a pourtant fondé, en 1979, le Temple de la Gendronnière, dans la région de Blois (Loir-et-Cher), le plus grand temple zen d'Occident, mais la vie s'y déroule sur un mode fort différent de celui des monastères zen traditionnels du Japon. Les disciples de Deshimaru, suivant en cela son exemple, privilégient eux-mêmes davantage la vie laïque et n'insistent guère sur la lecture des textes, mettant l'accent sur une pratique réduite à l'essentiel ("le Zen, c'est zazen").

Taisen Deshimaru a institué, avec l'AZI, un réseau comportant aujourd'hui une trentaine de dôjôs (lieux voués à la pratique du "zazen") et plus de 70 groupes de méditation, présents dans la quasi totalité du territoire français. Ils constituent, très souvent, la seule présence bouddhiste dans de nombreux départements français (l'AZI est présente dans 66 départements sur 95 !) comme dans les provinces belges francophones.
Nombreux ont été les Européens à découvrir le Zen par son intermédiaire. Lors de sa disparition, en 1982, des dissensions entre ses disciples ont cependant abouti à leur dispersion entre plusieurs associations ou groupes indépendants (notamment l'AVZD - Association du Vrai Zen de maître Deshimaru - sous la direction de Stéphane Thibaut, à laquelle sont affiliés plusieurs centres).
 

Autres associations du Zen

Le formidable mouvement de diffusion du zen en Europe ne se limite pas aux seuls disciples de Taisen Deshimaru réunis au sein de l'AZI ou de l'AZVD. D'autres enseignants se rattachant au Zen sôtô résident aussi en France, comme le maître japonais Ryôtan Tokuda, représentant officiel de cette école pour l'Europe et fondateur de l'association Maha Muni à Paris. Celui-ci vient récemment d'ouvrir un monastère, Eitaiji, dans les Alpes-maritimes.
Citons également Joshin Bachoux Sensei, qui a fondé "La Demeure sans Limites" (en Ardèche) et enseigne aujourd'hui dans plusieurs centres affiliés (surtout dans la région sud-est) ainsi qu'en Belgique, et Denis Kegan Robert, ancien disciple de Taisen Deshimaru qui séjourna de nombreuses années au Japon et qui enseigne aujourd'hui dans son centre de Blois (Shokosan Denshinji) et à Paris. L'un comme l'autre insistent sur une voie plus traditionnelle, de type monastique. Quelques-uns des anciens disciples de Deshimaru enseignent aujourd'hui de manière indépendante comme l'écrivain Jacques Brosse, dans la Sarthe.
Représentant de la lignée de Taizan Maezumi, fondateur du Centre Zen de Los Angeles, Catherine Genno Pagès a fondé le centre "Dana" (à Montreuil, en Seine-Saint-Denis). Son enseignement inclut le travail sur les "kôans". De son côté Jean-Yves Leclerc, très récemment, a fondé le Zendo du Boulay (en Normandie) dans la lignée de Shunryu Suzuki, fondateur du premier monastère Zen aux Etats-Unis.

En dehors du Zen sôtô, Taïkan Jyoji (Georges Frey) est le seul représentant de l'école Zen Rinzaï en France. Cette école, popularisée en Occident par les ouvrages de D. T. Suzuki ("Essais sur le bouddhisme zen"), repose sur la méditation assise (zazen) mais aussi sur la pratique progressive des "kôans" (questions-réponses énigmatiques) qui doivent mener le pratiquant à l'Eveil (satori). Dans son centre de "La Falaise verte" (en Ardèche) - qui compte aujourd'hui plusieurs centres affiliés, à Paris et en province - Taïkan Jyoji enseigne le zazen et la pratique du Kyudo, un art martial japonais fortement influencé par le Zen.

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Le dojo du centre "la Falaise verte"

Signalons encore le "So-Un zendo", fondé par Bruce Harris (dans l'Hérault), qui se rattache au "Sambo Kyôdan" - école fondée au Japon en 1954 par Hakuun Yasutani qui met l'accent sur la recherche intensive de l'éveil et sur une pratique laïque - et Eric Rommeluère qui, de son côté, a créé "Un Zen Occidental" et souhaite initier une nouvelle forme du Zen.
De même, bien qu'ils ne puissent tout à fait entrer dans la catégorie des "centres bouddhistes", rappelons l'existence de centres de méditation inspirée du Zen : centres chrétiens (essentiellement en région parisienne) ou centre Durkheim (à Saulce-sur-Rhône, dans la Drôme).

Enfin, quelques centres se rattachent aux formes non-japonaises du Zen. Outre l'Ordre de l'Inter-être du vietnamien Thich Nhat Hanh (voir la page Mahâyâna), deux associations transmettent l'enseignement centré sur la méditation assise sous ses formes chinoise (Ch'an) et coréenne (Sôn), en région parisienne et en Belgique. Il s'agit de l'International Buddhist Progress Society (à Vitry-sur-Seine), qui se rattache à l'école chinoise du Ch'an Lin-Chi (Zen rinzaï, en japonais), et de Zen Kwan Um (à Paris et Bruxelles), apparenté à l'école Chogye du bouddhisme coréen.
 

Autres écoles japonaises

Le bouddhisme japonais ne se résume pas au seul Zen ! Mais les représentants d'autres écoles sont encore aujourd'hui très minoritaires...
L'école tantrique Shingon est néanmoins présente en France, au temple "Komyo-In" de Villeneuve-les-Genêts (en Bourgogne). Le vénérable Yukaï (Daniel Billaud) et son épouse japonaise y perpétuent les enseignements propres à cette école, centrés essentiellement sur le Bouddha Mahâvairocana et la pratique de méditations et de rituels utilisant mantras et mandalas, à l'instar des écoles tantriques tibétaines.
La véritable école de la Terre Pure ("Jôdô Shinshû") n'est pas présente en France mais à Genève, où le vénérable Jean Eracle a fondé le "Temple de la Foi Sereine" ("Shingyôji"). Ecole laïque, la "Terre Pure" n'enseigne pas la méditation assise (pratiquée dans toutes les autres écoles bouddhistes) mais une pratique fondée sur la récitation, celle d'un hommage au Bouddha Amida, en raison de son voeu d'accueillir tous les êtres confiants dans sa "Terre Pure de l'Ouest".
 

Les "nouvelles religions" japonaises

Quoique strictement laïques, comme l'école de la Terre Pure, les différentes "nouvelles religions" japonaises n'ont pas l'ancienneté de celle-ci et ne se rattache pas (ou plus) aux écoles traditionnelles dont elles sont issues. Apparues au début du XXe siècle, ces écoles manifestent une volonté de réforme du bouddhisme japonais, devenu trop formaliste à leurs yeux et coupé de la réalité sociale du pays. Leur engagement dans la société civile est l'une de leurs caractéristiques principales et explique, en grande partie, le succès considérable qu'elles ont rencontré.

Issus de la très ancienne tradition du "Sûtra du Lotus", le "Reiyukai" et l' "Association cultuelle Soka du bouddhisme Nichiren" - anciennement "Soka Gakkai" - déconcertent les Occidentaux (et notamment les pouvoirs publics) par des caractéristiques propres au monde nippon.

Nichiren-mandala.JPGLa Soka Gakkai entend plus particulièrement s'appuyer sur les enseignements de Nichiren - moine japonais du XIIIe siècle, dont le discours radical, déjà à l'époque, lui avait valu bien des ennuis avec le pouvoir et les autres écoles bouddhistes (pour plus de détails sur Nichiren, voir un "Dossier" qui lui a été consacré). La pratique essentielle de cette école repose sur la récitation de la formule « Namu-Myoho-renge-Kyo ! » ("Hommage à l'enseignement du Lotus de la Loi merveilleuse" - image ci-contre), ainsi que sur des gropupes de paroles dans lesquels les membres de l'association se retrouvent pour évoquer leurs difficultés et les progrès accomplis grâce à leur pratique.

Taxée de prosélytisme, faisant preuve d'une forme d'exclusivisme et d'une approche "matérialiste" qui semblaient peu compatibles avec les enseignements bouddhistes, la Soka Gakkai n'a pas toujours su (ou voulu) répondre aux attaques dont elle a fait l'objet, ni s'adapter à une sensibilité occidentale qu'elle heurtait parfois trop violemment. Elle rassemble pourtant plusieurs millions de personnes en Europe occidentale, preuve de son indéniable succès, et, depuis quelques années, s'attache a évoluer de façon à être enfin acceptée - comme elle l'est au Japon.

La présence du "Reiyukai" en France est relativement discrète, alors qu'elle réunit, au Japon, plusieurs millions de fidèles. Son siège français est à Nantes. Sa pratique, elle aussi laïque, se fonde sur la lecture et l'étude (et non seulement sur la récitation) du Sûtra du Lotus et insiste particulièrement sur l'entraide, tant sociale que spirituelle, entre ses membres.

La question d'assimiler ces "nouvelles religions" japonaises à des sectes (selon la définition - très controversée - des rapports parlementaires français) est loin d'être simple et n'a pas encore trouvé de réponse satisfaisante, ni au sein de la communauté bouddhiste occidentale (où la question est plutôt évitée qu'affrontée...), ni auprès des pouvoirs publics. Le sujet est d'autant plus délicat que ces deux écoles bénéficient l'une et l'autre, au Japon, d'une visibilité et d'une influence reconnue qui semblent tout à fait contradictoires avec la définition occidentale des "sectes". Si les témoignages d'anciens adeptes de la Soka Gakkai semblent accréditer cet étiquetage sectaire, l'association française "Le Bouddhisme Reiyukai", en revanche, ne paraît pas devoir tomber sous de telles accusations ; elle a d'ailleurs été récemment acceptée comme membre de l'Union Bouddhiste Européenne.

 

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Ecoles tibétaines (Vajrayâna et Dzogchen)

Le bouddhisme tibétain - de loin le plus populaire auprès des média occidentaux comme du grand public - relève essentiellement de deux formes tardives du bouddhisme : le Vajrayâna ou tantrisme bouddhique, qui apparut en Inde à partir du VIIe siècle de notre ère, et un courant nommé Dzogchen dont on pense qu'il se formalisa surtout, au Tibet même, à partir du Xe ou du XIe siècle.
Histoire et caractéristiques des écoles tibétaines

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Arbre des saints de l'école Nyingmapa
au centre Padmasambhava
Le Tibet est le dernier pays d'Asie à avoir reçu le bouddhisme et a bénéficié ainsi des grandes synthèses, doctrinales et pratiques, qui avaient auparavant été formalisées en Inde. Cette diffusion du bouddhisme indien au Tibet s'effectua en deux temps : une première diffusion eut lieu au VIIIe siècle, grâce, notamment, au personnage semi-légendaire de Padmasambhava (ou Guru Rinpoché) ; elle donna naissance à l'école qu'on appelle aujourd'hui Nyingmapa (l'école « ancienne »). Une deuxième diffusion lui succéda, au XIe siècle, qui donna naissance à des écoles « nouvelles » (Samarpa), représentées aujourd'hui par deux courants : Kagyüpa et Sakyapa. Ces trois écoles se rattachent donc à des enseignements et à des enseignants d'origine indienne, à partir desquels elles développèrent leur propre tradition.
L'école Gelougpa (à laquelle se rattache le Dalaï-Lama) n'apparut, elle, qu'au XIVe siècle et est donc proprement tibétaine. Quant à l'école Yungdrung Bön, très originale, elle se rattache à un enseignement bouddhique qui serait venu d'Asie centrale ou d'Iran et fait remonter ses origines à un Bouddha bien antérieur au Bouddha historique indien Shâkyamuni. Vraisemblablement moins ancienne qu'elle ne le prétend, elle présente de nombreux points communs avec l'école Nyingmapa.

Ces écoles tibétaines appuient leurs enseignements sur la doctrine et la philosophie du Mahâyâna (le « Grand Véhicule ») que complètent des pratiques présentées dans des textes appelés tantra. Chaque tantra propose un ensemble particulier de pratiques variées et précises (sâdhana) : rituels, méditations, visualisations. Leur complexité, et le caractère hautement symbolique de leur présentation, réclament l'enseignement indispensable d'un guru, qu'on appelle lama en tibétain, qui peut être un moine ou un laïque. Le principe essentiel des tantra est la « transmutation », des émotions et des passions, qui permet au pratiquant de développer sa « nature de buddha ». Le Dzogchen, quant à lui,  vise à reconnaître et à faire surgir directement la nature réelle de l'esprit, naturellement éveillé. Les pratiques tantriques se présentent ainsi davantage comme une voie de transformation, alors que le Dzogchen se veut une voie directe, « sans efforts ni distraction ». Sous son influence se développa aussi la pratique du Mahâmudrâ, très proche du Dzogchen mais qui reste essentiellement tantrique.

La distinction entre les différentes écoles (et parfois, aussi, leurs courants internes) est essentiellement due aux textes et aux « lignées de transmission » auxquels chacune se rattache, ainsi qu'à des caractéristiques sur lesquelles elles insistent davantage.
Ainsi, les écoles Yungdrung Bön et Nyingmapa privilégient-elles l'enseignement du Dzogchen, alors que les autres écoles proposent plutôt un parcours fondé sur les pratiques tantriques, parachevées par l'enseignement du Mahâmudrâ. D'autre part, l'école Sakyapa est réputée pour son enseignement philosophique et l'école Gelougpa (dont le nom signifie les « Vertueux ») pour la rigueur de sa pratique monastique et l'importance qu'elle accorde à l'étude. L'école Kagyüpa, de son côté, s'est subdivisée en plusieurs courants en fonction de « lignées » internes. Très proche de cette dernière, l'école Shangpa Kagyü en est cependant distincte ; elle est particulièrement connue aujourd'hui en France car son chef spirituel, Kalou Rinpoché (décédé en 1989), fut le principal introducteur du bouddhisme tibétain en Europe continentale.
 

Les écoles, leurs caractéristiques et  leurs chefs spirituels

écoles

enseignements, textes et caractéristiques

 chefs spirituels

Yungdrung Bön

pratiques d'origine chamanique (Shen),
pratiques tantriques et Dzogchen bön

Lopön Tendzin Namdak
et Loungtok Tenpai Nyima

Nyingmapa

pratiques tantriques (Anuyoga-tantra)
et Dzogchen bouddhique (Atiyoga-tantra)

Düdjom Rinpoché, Dilgo Khyentsé Rinpoché (décédé en 1991)

Kagyüpa

pratiques tantriques (Anuttarayoga-tantra)
et Mahâmudrâ

 

=> courant Karma-kagyü

le XVIe Karmapa Rangdjoung
Rigpai Dordjé (décédé en 1981)

=> courant Drukpa-kagyü

le XIIe Gyalwang Droukpa

=> école Shangpa Kagyü

Kalou Rinpoché (décédé en 1989) et Bokar Rinpoché

Sakyapa

pratiques tantriques
(Lamdré, « la Voie et le Fruit » ; Hevajra-tantra)
et Mahâmudrâ
forte tradition philosophique

Kyabjé Sakya Trinzin

Gelougpa

pratiques tantriques
(Lamrim, la « Voie progressive » ; Kalachakra-tantra)
importance de la discipline monastique
et de l'étude philosophique

Yéshé Döndroup Rinpoché

Le Dalaï-Lama, en tant que chef temporel du Tibet, n'est le chef spirituel d'aucune école en particulier ; en tant que moine, il a reçu l'ordination dans l'école Gelougpa. 

 

L'implantation du bouddhisme tibétain en Europe

L'histoire de l'implantation du bouddhisme tibétain en France débute avec l'arrivée, en 1960, du moine Guélougpa Dagpo Rinpoché. Envoyé en France pour enseigner la langue et la culture tibétaines à l'Institut des Langues Orientales (INALCO) de Paris, Dagpo Rinpoché attendra cependant 1978 pour fonder le centre de Ganden Ling, près de Fontainebleau, où il réside et enseigne désormais. D'autres centres liés à l'école Guélougpa verront le jour en France : en 1979 l'Institut Vajra Yogini, dans le Tarn (dont dépend le monastère de Nalanda, situé à quelques kilomètres) et, en 1988, le Centre Kalachakra, à Paris. En suisse, en 1979, est aussi fondé le centre de Rabten Chöling, au « Mont Pèlerin » (canton de Vaud), qui connaîtra un grand essor et jouera un rôle important pour la communauté tibétaine en exil en Suisse.

Kalou-rinpoche.jpg
Entre temps, le chef spirituel de l'école Shangpa Kagyü, Kalou Rinpoché (photo ci-contre, à gauche), avait répondu à l'invitation de disciples occidentaux et, de 1971 à sa mort en 1989, effectuait plusieurs séjours en France. Il fondera en 1974, à La Boulaye (Saône-et-Loire), le premier centre européen de pratique du bouddhisme tibétain, Dashang Kagyü Ling (appelé aussi le « Temple des mille Bouddhas »), où pourront notamment être effectuées les retraites traditionnelles de « trois ans, trois mois, trois jours ».

La personnalité exceptionnelle de Kalou Rinpoché allait profondément influencer la diffusion du bouddhisme tibétain, la lignée Kagyü étant encore aujourd'hui la plus fortement implantée en France. Sous son impulsion et son autorité, plusieurs autres centres virent le jour, qui se rattachent aux deux lignées Shangpa-kagyü et Karma-kagyü : en 1975 le centre Kagyü Rintchen Tcheu Ling, à Montpellier ; en 1980 l'Institut Karma-Ling, près de Chambéry, seul centre d'obédience tibétaine à être dirigé actuellement par un lama français, Lama Denys Teundroup (plusieurs « centres affiliés », les Dharma Ling, en dépendent, situés essentiellement à Paris, à Genève et dans le sud-est de la France) ; puis en 1982, Vajradhara-Ling, en Normandie, et, en 1989, Kagyü-Dzong, à Paris (dans l'enceinte de la « Grande Pagode du Bois de Vincennes »).

Pour découvrir les premières réactions face à la construction du « Temple des mille Bouddhas », on pourra visionner un reportage diffusé sur Antenne 2 le 7 août 1976 :
=> sur le site de l'INA : http://www.ina.fr/economie-et-societe/boudha-sur-saone.fr.html

En 1974, l'école Sakyapa s'implante aussi avec la création du centre Ngor Ewam Phendé Ling, en Normandie, fondé par Phendé Rinpoché, auxquels se rattachent deux autres centres, à Paris et Poitiers. Cette implantation se développe en 1978 avec la fondation, près de Strasbourg, du centre Sakya Tsechen Ling, qui devient quelques années plus tard le centre européen de l'école Sakya.

Lama-Guendune.jpgEn 1975, sur les instructions du XVIe Karmapa (chef spirituel de la lignée Karma-Kagyü), est fondé près de Grenoble le centre de Montchardon, Karma Migyur Ling, placé sous l'autorité de lama Teundzang ; puis, en 1977, profitant du don d'un vaste terrain en Dordogne, le XVIe Karmapa chargera Lama Guendune Rinpoché (photo ci-contre, à droite) de fonder, à Saint-Léon-sur-Vézère, le centre de Dhagpo Kagyü Ling. Se développant rapidement, ce centre a établi un vaste réseau de « centres affiliés » (les « KTT » ou « Karma Teksoum Tcheuling ») qui lui assure une implantation dans une majorité de départements français. De ce centre dépend aussi le plus grand monastère bouddhiste tibétain actuel en Europe, Kündreul Ling, en Auvergne, fondé en 1984.

Sogyal-Rinpoche.jpgL'école Nyingmapa, à son tour, s'implante en France en 1977. Son chef spirituel, Düdjom Rinpoché, fonde le centre Urgyen Samyé Chöling, tout à côté du centre Dhagpo Kagyü Ling, en Dordogne. Puis, en 1980, c'est au tour du Centre d'études de Chanteloube, situé dans la même région, où ont lieu des retraites de trois ans et qui accueillera notamment Dilgo Khyentsé Rinpoché. L'année suivante, en 1981, c'est à Paris que Sogyal Rinpoché (auteur du célèbre « Livre tibétain de la vie et de la mort », publié en 1993 - photo ci-contre à gauche) fonde son propre centre : Rigpa ; et c'est en France qu'il choisira, en 1991, d'établir son « centre de retraites européen », Lérab Ling, près de Lodève, dans les Cévennes. Un réseau de « centres affiliés » s'est depuis constitué.

Chogyam-Trungpa.jpgEn 1982 se réunit pour la première fois à Paris un petit groupe de disciples de Chögyam Trungpa Rinpoché (photo ci-contre à droite). Personnalité hors du commun et l'un des tout premiers introducteurs du bouddhisme tibétain en Occident (en Grande-Bretagne, dès 1968, puis aux Etats-Unis, en 1970), Chögyam Trungpa a fondé un réseau de centres, désormais appelés « Shambhala », qui diffuse son enseignement original, inspiré des traditions Nyingma et Kagyü, mais aussi du Zen japonais et fortement marqué par son souhait de lutter contre le « matérialisme spirituel ». Décédé en  1987, il est désormais remplacé par son fils, le Sakyong Mipham Rinpoché. Le centre Shambhala de Paris, qui connaît une croissance continue, déménagera plusieurs fois au gré de son expansion. En 1991, c'est en France, dans le Limousin, qu'est fondé Dechen Chöling, centre de méditation européen des centres Shambhala.

La présence des différentes écoles du bouddhisme tibétain se complète encore, dans ces années 80, avec l'implantation de deux des trois derniers courants de l'école Kagyü : l'école Drukpa-kagyü, avec la fondation, en 1985, du centre Druk Toupten Tcheukor Ling, en Bretagne, qui constitue le siège européen de l'école (plusieurs antennes existent : à Brest, en Vendée, dans les Alpes-Maritimes et à Paris ; un Institut des Hautes Etudes Bouddhiques, près de Strasbourg, se rattache aussi à cette école) ; l'école Drikung-kagyü, enfin, avec la création d'un centre à Paris : Drikung Ratna Shri. Ne "manque", à ce jour, que le courant Taklung-kagyü...

Il faut attendre 1996 pour que le panorama soit complet avec la création, à Paris, de l'Association Yungdrung Bön qui reçoit régulièrement, chaque année, la visite de son chef spirituel, le Lopön Tendzin Namdak. L'association vient d'acquérir une propriété en Anjou qu'elle a rapidement transformée en centre d'enseignement et de retraite.

 

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