Nālandā : Patrimoine mondial !

Portrait de IEB
Nālandā : Patrimoine mondial ! - publié le : lun 29/08/2016 à 17:38

Nālandā

La célèbre université bouddhiste indienne
inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO

Le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO, qui tenait sa 40e session en juillet à Istanbul (Turquie), a procédé, le 15 juillet dernier, à l'inscription de quatre nouveaux sites sur la liste du patrimoine mondial dont, en Inde, le site archéologique du Mahāvihāra ("Grand Monastère") de Nālandā.
Le site de Nālandā est situé dans l’Etat du Bihar, au nord-est de l’Inde. Il s’agit des vestiges archéologiques d’une institution monastique et scolastique en activité du IIIe avant J.-C. jusqu'au XIIe siècle de notre ère. Il comprend notamment des stūpa, des vihāra, bâtiments résidentiels et éducatifs, des caitya (sanctuaires) et d’importantes œuvres d’art en stuc, pierre et métal.
Nālandā se distingue en tant que plus ancienne université du sous-continent indien, une institution qui a transmis un savoir organisé sur une période ininterrompue de 800 ans. Le développement historique du site témoigne de l’évolution du bouddhisme et de l’épanouissement des traditions monastiques et éducatives
L'occasion pour nous de dédier notre Dossier de rentrée universitaire à cet établissement, qui a certainement constitué la plus célèbre université de tout le monde bouddhiste !


Située en Inde du nord, dans le Bihar – à proximité des sites de Bodhgāya et de la ville de Patna (l’ancienne Pāṭaliputra, capitale du royaume de Magadha) -, Nālandā a rayonné dans l’Asie entière et des étudiants s’y rendirent de toute l’Inde, de Ceylan, du Bengale, du Tibet, d’Indonésie, d’Asie centrale, de Chine et du Japon...
Si la légende veut qu’elle ait été fondée dès la vie même du Bouddha, la réalité archéologique date les plus anciens vestiges du Ve siècle de notre ère, durant l’ère des rois Gupta. A cette époque, le Mahāyāna (Grand Véhicule) florissait en Inde et tous les textes de ce courant – sūtra et śāstra – y étaient étudiés ; mais on y enseignait aussi la grammaire, la logique, la philosophie, la métaphysique, l'astronomie et la médecine, ainsi que l'art de fondre des statues en bronze...
Au plus fort de sa célébrité, l’Université accueillait environ 10.000 moines, dont 1.500 enseignants, dans plusieurs vihāra réunis au sein d’une vaste enceinte comprenant aussi des stūpa, des temples (caitya), des bibliothèques, des réfectoires, des établissements de bains... une véritable ville vouée au bouddhisme et à l’étude encyclopédique ! On évoque plus de 100 monastères ; le site archéologique, aujourd’hui, offre encore les vestiges imposants de dix d’entre eux à la curiosité des visiteurs.
Nālandā connaîtra une fin tragique, en 1193, lorsque l’envahisseur d’origine turque Bakhtiyar Khilji la mettra à sac, tuant des milliers de ses résidents et brûlant tous les bâtiments. On dit que les bibliothèques mirent plus de six mois à se consummer entièrement...
Depuis de nombreuses années, de nombreux intellectuels d’Inde et d’autres pays bouddhistes d’Asie souhaitaient recréer ce complexe universitaire prestigieux. Le projet a reçu l’approbation du gouvernement de New Delhi en 2010 et un nouveau complexe universitaire flanbant neuf a ouvert ses portes très récemment...
Pour évoquer ce lieu prestigieux à son heure de gloire, nous vous proposons de découvrir le témoignage de deux pèlerins chinois, Xuanzang et Yi Jing, qui y séjournèrent au VIIe siècle de notre ère, grâce auxquels nous pouvons aujourd’hui imaginer un peu de la grandeur d’un tel lieu !

Les restes imposants du grand stūpa de Sariputra (né et mort à Nālandā)
entouré de nombreux stūpa de petite taille


Relation du voyage de Hiouen-Thsang [Xuanzang]
dans les pays de l’ouest (627-645 ap. J.-C.)

traduit en français par Stanislas Julien,
in « Mémoires sur les contrées occidentales », Imprimerie impériale, 1858
 

Le mot Na lan tua (Nālandā) veut dire en chinois « celui qui donne sans se lasser ». Voici ce que les vieillards racontent à ce sujet. Au sud du couvent situé au milieu d'un jardin de manguiers, il y avait un étang qui était habité par un dragon nommé Na lan tua (Nālandā). A côté, on construisit un couvent qu'on appela, pour cette raison, le couvent de Na lan tua (Nālandā).
On rapporte encore que jadis Ru-lai, à l'époque où il menait la vie d'un bodhisattva, devint roi d'un grand royaume, et fixa sa résidence en cet endroit. Touché de compassion pour les orphelins et les indigents, il répandait constamment des bienfaits et des aumônes. Les habitants, pénétrés de reconnaissance, surnommèrent cet endroit : « Le pays de celui qui donne sans se lasser. »
Il y avait, à l'origine, un jardin de manguiers, qui appartenait à un riche maître de maison. Cinq cents marchands l'achetèrent au prix d'un million de pièces d'or et le donnèrent au Buddha. Dans cet endroit, le Buddha expliqua la loi pendant trois mois, et parmi ces marchands, il y en eut beaucoup qui obtinrent la dignité d'arhat.

Après le nirvāṇa du Bouddha, un ancien roi de ce royaume nommé Sakrâditya, rempli d'amour et de respect pour le Bouddha, construisit à ses frais ce seng jia tan [transcription chinoise du sanskrit « vihāra » : monastère, couvent]. Ce roi étant mort, son fils et successeur, après avoir pris les rênes de ce grand royaume, construisit plus loin au sud, un autre seng jia tan. Un peu plus loin à l'est, son fils, le roi Tathāgata, bâtit un autre couvent. Par la suite, voyant qu'un saint religieux venait de Chine, et se dirigeait vers lui pour recevoir de ses mains les provisions nécessaires, il fut transporté de joie, quitta son trône et embrassa la vie religieuse. Il eut pour successeur son fils Vajra, qui, plus au nord, construisit un autre couvent. Quelque temps après, le roi de l'Inde centrale construisit un autre couvent.
De cette manière, six rois, qui montèrent successivement sur le trône, se livrèrent chacun à de pieuses constructions. Le dernier de ces rois entoura tous ces couvents d'une enceinte de murs en briques et les réunit en un seul. Une porte qu'il établit y donnait accès. II ouvrit des salles séparées pour les conférences, et partagea en huit cours l'espace qui se trouvait au centre des seng jia tan. Des tours précieuses étaient rangées dans un ordre régulier; des pavillons ornés de corail s'élevaient comme des pics élancés; des dômes hardis se dressaient au milieu des nues, et les faîtes des temples semblaient voler au-dessus des vapeurs du ciel. De leurs fenêtres, on voyait naître les vents et les nuages, et au-dessus de leurs toits auda­cieux, le soleil et la lune entraient en conjonction. Tout autour serpentait une eau azurée que des lotus bleus embellissaient de leurs calices épanouis, et çà et là, de beaux kanaka laissaient pendre leurs fleurs d'un rouge éblouissant, et des bois de manguiers les protégeaient au-dehors de leur ombrage épais.
Dans les diverses cours, les maisons des religieux avaient chacune quatre étages. Les pavillons avaient des piliers ornés de dragons et des poutres où brillaient les couleurs de l'arc­en-ciel, des chevrons sculptés, des colonnes ornées de jade, peintes en rouge et richement ciselées, et des balustrades découpées à jour. Les linteaux des portes étaient décorés avec élégance, les toits étaient couverts de tuiles brillantes dont l'éclat se multipliait en se reflétant, et variait à chaque instant de mille manières.

  

Photo aérienne et plan du site archéologique actuel de l'Université de Nālandā
L'ensemble du stūpa de Sariputra est le "temple" situé au sud-ouest (en bas à gauche)

Les religieux (du couvent), au nombre de plusieurs milliers, avaient tous des talents distingués et une grande instruction. Il yen avait plusieurs centaines qui, par leur vertu, se faisaient estimer des contemporains, et dont la réputation volait jusque dans les autres pays. Leur conduite était pure, et ils suivaient fidèlement les préceptes de la discipline. La règle de ce couvent était très sévère ; aussi la multitude des religieux se conduisait-elle avec une sagesse irréprochable.
Les royaumes des cinq Indes les admiraient, et les prenaient pour modèles. Ceux qui leur demandaient des leçons et discutaient sur des matières profondes, ne trouvaient jamais les jours assez longs. Du matin au soir, ils s'avertissaient mutuellement ; les jeunes et les vieux se perfectionnaient les uns les autres. S'il y avait des hommes incapables de traiter les matières abstraites des Trois Recueils, ils étaient comptés pour rien et se voyaient couverts de honte. C'est pourquoi les étudiants étrangers qui désiraient acquérir de la réputation venaient tous dans ce couvent pour éclaircir leurs doutes, et bientôt l'éloge de leurs talents se répandait au loin. C'est pourquoi ceux qui voyageaient en usurpant le nom d'élève du collège de Na tan tuo (Nālandā) obtenaient tous des honneurs distingués.
Si un homme d'un autre pays voulait entrer et prendre part aux conférences, le gardien de la porte lui adressait des questions difficiles. Le plus grand nombre était réduit au silence et s'en retournait. Il fallait avoir approfondi les livres anciens et modernes pour obtenir d'y entrer. En conséquence, les étudiants qui voyageaient pour leur instruction, avaient à disserter longuement pour montrer leur capacité ; il y en avait toujours sept ou huit sur dix qui se voyaient éliminés. Si les deux ou trois autres paraissaient instruits, on les interrogeait tour à tour au milieu de l'assemblée, et l'on ne manquait pas de briser la pointe de leur esprit et de faire tomber leur réputation ; mais ceux qui avaient un talent élevé et une vaste érudition, une forte mémoire et une grande capacité, une vertu brillante et une intelligence éminente, associaient leur gloire à celle de leurs devanciers, et suivaient leurs exemples.

 


“Mémoire sur les religieux éminents”
relation de voyage de I-tsing [Yi Jing]  (671-695 ?)

traduction d’Edouard Chavannes (1884)
 

A plus de sept relais au nord-est du temple de Mahābodhi [à Bodhgāya], on arrive au temple de Nālandā. Il a été autrefois construit par le roi Crī-cakrāditya pour le bhikkhu Rājavamça de l’Inde du Nord. Ce temple, dans son périmètre primitif, n’était qu’un carré de cinquante pieds ; dans la suite, les rois qui se succédèrent le firent à l’envi de plus en plus vaste, si bien qu’aujourd’hui il n’y a pas de temple plus beau que celui-là dans tout le monde habité. On ne peut en tracer en détail toutes les proportions, mais je vais en décrire rapidement la vaste étendue.
La configuration de ce monastère est à peu près celle d’un carré, comme la terre. Des quatre côtés le bord droit et saillant du toit forme de longues galeries couvertes qui font tout le tour de l’édifice. Tous les bâtiments sont en briques ; ils se composent de trois étages superposés, chaque étage étant haut de plus de dix pieds [environ 3 mètres]. Les poutres transversales sont reliées par des planches et il n’y a ni chevrons ni tuiles mais, avec des briques, on a fait une esplanade ; tous les temples sont parfaitement alignés et on peut aller et y venir à son aise. La paroi de derrière de l’édifice constitue le mur extérieur. Les rangées de briques s’élèvent jusqu’à trente et quarante pieds de hauteur [une dizaine de mètres]. Au sommet on a représenté des têtes d’homme de grandeur naturelle.

 

Diverses vues des vihāra.

Il faut imaginer la hauteur de trois étages et les décorations disparues...

Les deux vihāra du sud du site (photo de gauche) sont plus petits que les huit qui s'alignent du nord au sud. On peut facilement compter les 6 cellules sur chaque côté de la vaste cour centrale, où devait s'élever un stūpa.

Les grands vihāra, eux, comptaient 9 cellules sur chaque côté, ainsi que l'indique Yi-Jing dans le texte ci-dessous.

 
Les espaces de vie monastique

Quant aux habitations des religieux, il y en a neuf par façade ; chaque habitation a une superficie d’environ dix pieds carrés. Au fond on a pratiqué une fenêtre qui s’élève jusqu’au bord du toit. Quoique les portes soient hautes, on les a faites à un seul battant de façon que tous peuvent s’apercevoir de loin ; il n’est pas permis d’y mettre des stores. Du dehors, en jetant un regard d’ensemble, on voit les quatre côtés à la fois ; une surveillance mutuelle s’exerce ainsi ; comment serait-il possible de faire la moindre action secrète ? Au sommet d'un des angles on a fait un che­min suspendu qui pennet d'aller et venir sur le temple. A chacun des quatre angles il y a une salle construite en briques; ce sont des religieux instruits et vénérables qui y demeurent.
La porte du temple est tournée vers l'ouest ; son étage supérieur s'envole dans les airs et donne le ver­tige dans le vide. On y a sculpté des images merveil­leuses dont la beauté a épuisé l'art de l'orne­mentation. Cette porte se rattache à l'édifice; on ne l'en a point faite distincte à l'origine; mais à deux pas en avant on a placé quatre colonnes. Ouoique cette porte ne soit pas d'une hauteur exagérée, en vérité cependant la charpente qu'on y a mise est extrême­ment forte.
Chaque fois que le moment de manger est venu, on enlève les barres de fermeture de toutes les portes. C’est en effet le but de la religion sainte de prévenir les choses cachées.
 

Les édifices “religieux”

Dans l'intérieur du monastère, les espaces grands de plus de trente pas sont pavés en briques. Pour les petits espaces de cinq à dix pieds, pour tous les espaces qui couvrent les chambres, qui sont sur le toit, devant la véranda ou dans les habitations, on se sert de fragments de briques gros comme des pêches ou des jujubes ; on y mêle une colle pâteuse et avec ses battoirs on frappe le tout de manière à l'égaliser. On environne le pourtour avec de la chaux. On fait un mélange de fibres de chanvre auxquelles on ajoute de l'huile avec des résidus de chanvre des débris de vieilles peaux ; on l'humecte pendant plusieurs jours puis on étend cet enduit sur l'emplacement rempli de briques; on couvre le tout avec des herbes vertes.
Après trois jours environ on regarde si cela devient sec. On frotte à plusieurs reprises la surface avec des pierres polies; on la saupoudre d'une pluie de terre rouge ou d'une substance analogue au cinabre. Ensuite, avec un enduit gras, on la rend polie et claire comme un miroir. Toutes les salles et les marches des escaliers sont faites de cette manière. Lorsque ces opérations ont été terminées, les pas­sants peuvent fouler aux pieds cette surface et la tra­verser pendant dix ou vingt ans sans que jamais elle s'altère ou se fende. Ce n'est pas comme la chaux, qui, lorsqu'elle est mouillée par l'eau, ne manque pas de s'écailler.
Il n’y pas moins de huit temples ainsi construits. En haut tous ont une terrasse plane et on peut y passer. Leurs dimensions sont respectivement semblables. Au côté Est de chaque temple on a choisi un bâtiment tantôt simple tantôt triple pour y placer les images saintes. Ou bien, à une distance variable en avant de ce même côté, on a élevé un observatoire en forme de terrasse qui sert de salle de Bouddha. Sur le côté ouest, en dehors de la grande enceinte, on a édifié ici et là de grands stūpa et une foule de caitya [petits stûpa commémoratifs]. Le nombre en est d’une centaine. Les vestiges sacrés se touchent les uns les autres et défient l’énumération. L’or et les pierres précieuses forment une ornementation brillante ; en vérité il y a peu d’endroits aussi parfaits.

 

Le stūpa de Sariputra dans son état actuel (ci-dessus) et une tentative de reconstitution (ci-dessous)

Les règles monastiques : le principe du consensus

Les règles concernant les religieux et les novices de ce temple, les statuts au sujet de la sortie du monde et de l’admission dans l’ordre sont tous conformes à ce qui exposé dans le Tchong-fang-lou et le Ki-koei-tchoan [deux traités dont le second est de I-tsing].
Dans l’intérieur du monastère, on se contente de prendre le plus vieux pour lui donner la présidence et en faire le supérieur vénérable ; on ne s’inquiète pas de son mérite. Tous ceux qui ont la garde des verrous des portes prennent chaque nuit les sceaux dont ils les ont scellés et les remettent au président; ils ne sauraient en aucune façon les déposer chez les maîtres du temple (vihārasvāmin) ou les directeurs (karmadāna). Ce sont seulement ceux qui constituent le monastère qui sont appelés maîtres du temple; leur nom sanskrit est pi­ho-louo-souo-mi (vihārasvāmin). Quant à ceux qui, à tour de rôle, font observer les règles, gardent les portes du temple et vont annoncer les affaires à l'assemblée des religieux, on les appelle pi-ho-louo­po-louo (vihārapāla) ; la traduction de ce mot est « gardien du temple ». Quant à ceux qui font réson­ner la kien-ti (ghantā) et qui surveillent les repas, leur nom est kié-mouo-t'ouo-na (karmadāna) ; la traduc­tion de ce mot est « celui qui donne les occupa­tions » ; ceux qui les appellent wei-na ne parlent que par à peu près.
Lorsque la communauté des religieux a une affaire, on convoque une réunion pour la régler ; les gardiens du temple (vihārapāla) ont l’ordre de parcourir les rangs pour l’annoncer devant chaque personne successivement ; tous doivent joindre les paumes des mains et chacun expose son sentiment. Si une seule personne refuse son consentement, l’affaire ne peut aboutir. Si une seule personne refuse son consentement, l'affaire ne peut pas aboutir. Ils n'ont en aucune façon la coutume de frapper un marteau devant l'assemblée en tenant à la main un avis. Si l'on voit que quelqu'un refuse son consente­ment, on le persuade par le raisonnement; on ne sau­rait user d'intimidation ou de violence pour que, sous la contrainte qui lui est infligée, il se soumette.
Ceux qui ont la charge de la garde des greniers et de la surveillance des terres doivent aussi envoyer un domestique de l’administration des greniers ; celui-ci joint les mains et fait sa déclaration ; si tout le monde est d’accord, alors on peut agir. Pour les dépenses, en vérité, le vice que quelqu’un puisse en disposer arbitrairement n’existe pas. Si quelqu’un ne fait pas de déclaration publique et emploie arbitrairement quelque chose, ne fût-ce que le vingtième d’un boisseau de grain, il est aussitôt expulsé par ses confrères. Si une personne se prétend puissante, qu’elle use à sa guise des biens de la communauté, qu’elle décide du sort d’affaires importantes de son autorité privée et sans le déclarer à l’assemblée, on l’appelle “kouloupati” ce qui signifie “maître de maison” ; c’est ce que les hommes et les dieux haïssent tous. Quand bien même cette personne serait par la suite utile au monastère, elle en a définitivement commis une faute extrêmement lourde. Ceux qui sont sages n’agiront certainement pas ainsi.

Relations entre les diverses écoles

Pour ce qui est des doctrines hérétiques, il y en avait autrefois quatre-vingt-seize ; maintenant il n’en subsiste plus qu’une dizaine. S’il y a des assemblées de purification et des réunions générales, chaque secte demeure dans un lieu qui lui est particulier. Les religieux et les nonnes ne contestent aucunement entre eux pour la préséance. Comme leurs lois sont différentes et que leurs doctrines ne s’accordent pas, chacun s’est accoutumé à ce qu’il adore ; ils restent chez eux et ne se mêlent point les uns des autres.


Pour en savoir plus

sur Internet :

=> sur le site "Shunya", de langue anglaise, vous pourrez trouver de nombreuses photos d'excellente qualité sur le site archéologique

=> sur le site de "YouTube" : un documentaire de l'Archeological Survey of India (en langue anglaise), réalisé pour présenter à l'UNESCO le site archéologique lors de la demande de son inscription au patrimoine mondial

=> sur le site de Buddha Channel, une traduction en français d'un article anglais de R.H.I.S. Ranasinghe, de l'Université of Kelaniya du Sri-Lanka, sur "Les mémoires de savants chinois bouddhistes sur l’Université monastique internationale de Nalanda en Inde au VIIe siècle".