Bouddhisme & nature

Approches thématiques - cycle 1

calendrier des cours
année universitaire 2014-2015

5 séances, le samedi après-midi, de 14 h 30 à 17 h 30
au "Forum 104", 104 rue de Vaugirard 75006 Paris
[code de référence sur notre calendrier récapitulatif : « Nature »]
 

Ce cycle de cours est aussi accessible en visio-conférence (en différé)

Les inscriptions peuvent s'effectuer pour le cycle entier ou à la séance
(seule une inscription "à la séance" est accessible aux non-adhérents)

 

  • samedi 25 octobre 2013 – Françoise Bonardel
    Nature et substance, en bouddhisme et en Occident
    La notion de « nature » suppose l'existence d'une prédétermination innée contenant les potentialités propres à une espèce qu'il appartient pour partie à la culture de développer. Aussi la dialectique nature/culture traverse-t-elle toute la réflexion occidentale, en dépit des diverses « déconstructions » dont l'idée même de nature a pu être l'objet d'un point de vue anthropologique. Dans une perspective théologique, par contre, seule la grâce divine est susceptible de racheter ce que la nature humaine, faillible, comporte de corrompu. De quelque manière qu'on l'aborde, l'idée de nature est, en Occident, le support de toute pensée de type « substantialiste » dont l'enseignement du Bouddha démontre, pour sa part, qu'elle n'est qu'une construction de l'esprit et un obstacle à l'Eveil. Ce qui ne signifie pas que le bouddhisme a totalement évacué cette notion, quitte à devoir en reformuler la définition et la fonction.
     

  • samedi 22 novembre – Stéphane Arguillère
    Nature des choses et culture de la Voie bouddhique
    La pensée moderne occidentale oppose la culture - sphère des normes et valeurs supposées purement conventionnelles - à celle de la nature - phénomènes gouvernés par des lois objectivement données, étrangères au bien et au mal. Mais cette pensée ne domine chez nous que depuis qu'elle a, en quelque sorte, écrasé la strate culturelle précédente : celle qui posait qu'il y aurait une "morale naturelle", c'est-à-dire une loi à la fois conforme à notre nature, et visant à élever cette nature à sa perfection propre, qu'elle ne possède d'abord qu'en puissance. Le bouddhisme, dans ses diverses formes, ne relève ni du premier, ni du second modèle. D'un côté, sa morale (ou sa méthode) n'est pas présentée comme le fruit d'un libre choix des individus et elle n'apparaît pas comme la simple expression des valeurs d'une société, mais comme induite de la "nature des choses". De l'autre, l'idée d'être en puissance et en acte est étrangère au bouddhisme, qui ne peut donc penser la culture de la voie comme un dispositif visant à amener notre nature à sa perfection. On essaiera donc de mieux caractériser l'esprit de la culture bouddhique — c'est-à-dire de la voie spirituelle — en rapport avec la notion de nature — à la fois de la nature personnelle du pratiquant et de son devenir, et de la nature comme ordre naturel des phénomènes gouvernés par des lois.
     

  • samedi 13 décembre 2014 – Yoko Orimo
    La nature dans l’art, la culture et les religions du Japon
    « Dans ce beau pays heureux (le Japon), la nature et le surnaturel ne font qu’un », dit Paul Claudel. En effet, depuis la nuit des temps, la nature est conçue chez les Japonais, non comme objet de conquête ou de domination, mais de contemplation. Dans le polythéisme Shintô – littéralement « la Voie des dieux » –, chaque élément de la nature est attribué à une divinité appelé kami. L’art et la culture japonais se caractérisent, dès l’origine, par les singulières épousailles de ce qui est de l’ordre du naturel et de ce qui ne l’est pas : la « nature », travaillée et façonnée par la main de l’homme, se montre à l’antipode même du naturalisme. Le syncrétisme shintô-bouddhique, qui se développe dès l’introduction du bouddhisme au VIe siècle, finit par prôner la théorie de « l’hypostase » [honji-suijaku] selon laquelle les kamis du Shintô ne sont autres que les manifestations locales d’éveillés et de bodhisattva. Parallèlement s’élabore dans l’école Tendai la doctrine de « l’Eveil foncier » [hongaku] affirmant que l’inanimé prêche la Loi et que les herbes et les arbres réalisent l’état de l’Eveillé. L’Eveil pour l’homme consiste alors à retrouver le « visage originel sans souillure » [honrai-no-menmoku], identique à la Nature dans sa pureté immaculée. Enfin, chez maître Dôgen (1200-1253), la « nature » de l’Eveillé [busshô] se voit identifiée à la Nature en ce sens que la nature consiste à s’éveiller à la nature de l’Eveillé.
     

  • samedi 17 janvier 2015 – Philippe Cornu
    Rituels tibétains et nature environnante
    La manière de concevoir la nature comme opposée à la culture est une vision purement occidentale. Dans le bouddhisme, il existe d’autres manières d’envisager les interactions entre l’homme et son milieu naturel de vie, notamment à travers la notion d’interdépendance étroite entre l’esprit et ce qu’il perçoit dans le monde. En outre, le monde naturel est « habité » par toutes sortes de déités comme les divinités du terroir. Dans le cadre bouddhique, les rencontres entre ces êtres et l’homme sont considérées comme normales et inévitables. On les envisage non pas comme des relations de domination mais plutôt comme des échanges respectueux et de bon voisinage permettant d’éviter de s’infliger des souffrances mutuelles.
     

  • samedi 7 février – Danièle Masset
    Montagne et forêt : images de la nature dans la poésie bouddhique indo-tibétaine
    Espaces à la fois géographiques et symboliques, la montagne et la forêt occupent une place de choix dans la poésie bouddhique indo-tibétaine, ne serait-ce qu’en tant que lieux de séjour favoris des ascètes et des renonçants, qui peuvent s’y consacrer en paix à la poursuite de leur idéal spirituel. À partir de descriptions figurant dans un corpus représentatif de trois époques, trois langues et trois styles bien distincts (stances du Canon pāli, poèmes sanskrits d’Aśvaghoṣa, extraits de chants attribués au grand yogi tibétain Milarépa), on mettra en évidence le jeu des ressemblances et des différences existant entre les visions indienne et tibétaine : si elles se caractérisent l’une et l’autre par la présence de stéréotypes définis dès les modèles indiens, il n’en demeure pas moins que les chants tibétains gardent une part d’originalité irréductible.

=> présentation des intervenants

 

Tarifs et inscriptions

Tarifs
  • le cycle entier (5 séances) :
    tarif plein : 99 €
    tarif réduit : 78 €
    Le tarif réduit est attribué aux étudiants et aux demandeurs d'emploi sur présentation (ou envoi d'une photocopie) d'un justificatif en cours de validité. Il peut aussi être accordé à toute personne pouvant justifier de faibles ressources.

Il est possible de régler en trois versements trimestriels
(tarif plein : 3 x 33 € ; tarif réduit : 3 x 26 €)

=> 1er versement : à l'inscription, avant le 12 octobre
=> 2e versement : dans un délai de 3 mois, avant le 15 janvier
=> 3e versement : dans un délai de 6 mois, avant le 15 avril
En cas de paiement par chèque, les trois chèques peuvent être remis à l'inscription
Ils seront encaissés à la fin des mois indiqués ci-dessus

  • à la séance :
    adhérents : 22 €
    non adhérents : 25 €
     
Inscriptions

Ces cours sont accessibles à toute personne adhérente de l'IEB, avec inscription pour le cycle entier ou à la séance. Ils sont aussi accessibles aux non-adhérents, à la séance.

Les inscriptions aux cycles entiers doivent être effectuées avant le 11 octobre 2014
Vous pouvez vous inscrire en remplissant le bulletin d'inscription en ligne ou en vous présentant dans nos locaux, au CIDEB (29 boulebard Edgar-Quinet 75014 Paris) aux jours et heures d'ouverture.
Chaque inscription est effective à réception du règlement (chèque libellé à l'ordre de "Institut d'Etudes Bouddhiques" ou "IEB").

L'adhésion à l'association est obligatoire pour s'inscrire aux cycles entiers.
Elle couvre l'année universitaire, du 1er octobre au 30 septembre.
Elle comprend l'accès réservé à l'"Espace adhérents" du site de l'IEB.
L'adhésion n'est pas nécessaire pour assister aux cours accessibles à la séance (dans la limite des places disponibles).

Adhésion annuelle

cotisation simple : 36 €
cotisation de soutien : 55  ou plus

Les sommes versées au titre des cotisations de soutien contribuent à l'achat d'ouvrages pour la bibliothèque de l'Institut.